Tanzanie : des tracts appelant les réfugiés burundais à fuir pour un autre pays d’accueil retrouvés dans les camps de réfugiés burundais


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Les écrits non signés ont été retrouvés partout dans le camp de Nduta et des parties des camps de Mtendeli et Nyarugusu. Les messages mentionnés comportent des appels à tous les réfugiés burundais de se préparer pour se réfugier vers un autre pays de la Communauté Est Africaine. (SOS Médias Burundi)

Le matin de ce vendredi, des réfugiés ont trouvé des tracts devant leurs maisonnettes. «Soyons prêts à faire face à la décision unilatérale du gouvernement  tanzanien qui veut nous expulser. Nous devons résister et  arrêter des stratégies. Rappelez-vous qu’une décision pareille a été prise en 2012 contre des réfugiés burundais. Il y a eu des morts, des cas de viols, des coups et blessures, des dislocations familiales, des maisons et effets des réfugiés brulés, des spoliations des biens», mentionnent des tracts.

Les mêmes tracts indiquent que les réfugiés burundais sont prêts à s’enfuir vers un autre pays plutôt que de rentrer au Burundi.

«Préparez-vous. Nous allons lancer un signal. Le moment venu, nous allons nous déplacer en masse à la recherche d’un pays qui pourrait nous accueillir. Ce sera soit le Rwanda, le Kenya ou l’Ouganda. Ceux qui ne peuvent pas se déplacer comme les enfants, les personnes âgées, les personnes vivant avec handicap ou ceux qui souffrent des maladies chroniques seront transportées par leurs compatriotes »,  poursuivent les auteurs des tracts qui précisent que le lieu de rassemblement sera communiqué aux réfugiés.

Les écrits ont été retrouvés dans presque toutes les zones du camp de Nduta. Des sources indiquent qu’ils ont été aussi aperçus dans les camps de Mtendeli et à Nyarugusu.

Les réfugiés en appellent à la communauté internationale, aux défenseurs des droits de l’homme, et au HCR de continuer à les assister.

La Tanzanie et le Burundi ont résolu de rapatrier de gré ou de force les réfugiés burundais à partir du 1er octobre 2019. Le HCR considère que “les conditions sécuritaires au Burundi ne sont pas propices pour promouvoir le retour des réfugiés». L’agence onusienne en charge des réfugiés  demande aux gouvernements burundais et tanzanien de s’engager à respecter les obligations internationales et de veiller à ce que tout retour soit volontaire, conformément à l’accord tripartite signé en mars 2018.

Le HCR souligne en outre qu’il continue de recevoir des centaines de personnes qui fuient encore le Burundi chaque mois.

La Tanzanie abrite  plus de 180.000 réfugiés Burundais.