Rapatrier les réfugiés burundais de gré ou de force,  une décision folle selon Marguerite Barankitse

Rapatrier les réfugiés burundais de gré ou de force, une décision folle selon Marguerite Barankitse

Au cours des festivités marquant le 25ème anniversaire de son existence, la Maison Shalom, organisation  burundaise qui vient en aide aux réfugiés burundais au Rwanda s’est insurgé contre la décision de la Tanzanie de refouler les réfugiés burundais à partir du mois d’octobre prochain. (SOS Médias Burundi)

Fondée en 1993 en pleine crise au Burundi, elle a accueilli 25 enfants dont les parents venaient d’être tués dans la province de Ruyigi (Est du pays).

Depuis, la Maison Shalom s’est agrandie. Elle a accueilli et élevé plus de 50.000 enfants, essentiellement des orphelins de la guerre civile de 1993.

La fondatrice de cette organisation se félicite que “plusieurs d’entre eux soient devenus des chefs de famille, des docteurs, chefs d’entreprise, des officiers de l’armée et de la police ainsi que des hauts cadres de plusieurs institutions du pays”.

Depuis la crise politique de 2015, la Maison Shalom opère au Rwanda.

Sa fondatrice, Marguerite Barankitse est sur la liste des 34  présumés putschistes recherchés par la justice burundaise.

Au Rwanda, plus de 2000 réfugiés ont bénéficié de l’appui de la Maison Shalom. Parmi eux, plus de 400 jeunes viennent de terminer leurs études universitaires et plusieurs autres ont suivi l’enseignement des métiers comme la couture, l’art culinaire, la plomberie, la menuiserie, la fabrication artisanale des chaussures. 

Au cours des festivités de trois jours marquant la célébration de son 25ème anniversaire, la Maison Shalom s’est insurgée contre le rapatriement forcé annoncé des réfugiés burundais en exil en Tanzanie

“C’est une décision folle. Si la Tanzanie passe à l’acte, elle aura perdu sa réputation et le respect que le monde lui doit comme terre de résolution pacifique des conflits en Afrique. Elle aura démontré que c’est un pouvoir fasciste. C’est comme d’autres gouvernements qui ont soutenu les Nazis d’Hitler. L’histoire les jugera en tout cas au même pied d’égalité, ”a lâché Marguerite Barankitse, fondatrice de cette organisation.

Elle appelle à la solidarité internationale contre cette décision de la Tanzanie.

“J’interpelle tous les Burundais, où qu’ils soient, de se lever comme un seul homme pour dénoncer ces malheurs que subissent nos compatriotes. Nous devons mener toute action possible pour pousser la Tanzanie à revenir sur sa décision criminelle. Et si la communauté internationale se laisse faire, elle aura montré qu’elle soutient les crimes contre l’humanité qui guettent nos compatriotes, ” a-t-elle indiqué avant d’ajouter qu’elle compte rencontrer le cardinal de Dar-es-Salam pour discuter de la question.

La Maison Shalom fête son 25è anniversaire  alors que les autorités burundaises ont saisi tous ses biens matériels et financiers dont les écoles et les hôpitaux qui se trouvent au Burundi.

Mme Barankitse demande aux défenseurs des droits humains de porter plainte au nom de la population bénéficiaire de ses prestations.

Les coûts perdus sont estimés à des centaines des milliards de francs burundais.

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