Human Rights Watch propose le prolongement du mandat de la commission d’enquête sur le Burundi


Dans un document, l’organisation Human Rights Watch (HRW) réitère le soutien des États membres  du conseil des droits de l’homme des Nations Unies pour la prolongation du délai de la commission d’enquête de l’ONU sur le Burundi. (SOS Médias Burundi)

Pour Human Rights Watch, le soutien serait un signal fort au parti au pouvoir, le CNDD-FDD et au gouvernement burundais que le monde entier surveille de près la situation dans le pays à l’approche des élections présidentielle et législative de 2020.

Citant le rapport de la commission d’enquête de l’ONU, HRW confirme que des atteintes aux droits humains graves et généralisées perdurent depuis 2018. Les principales cibles étant les partisans de l’opposition ainsi que les Burundais revenus de l’étranger.

HRW rappelle que la commission a été créée en septembre 2016 pour enquêter sur les violations des droits humains commis depuis avril 2015 mais que le gouvernement lui a refusé tout accès. «Malgré les preuves démontrant le contraire, le gouvernement affirme que la situation dans le pays est stable et apaisée», poursuit Human Rights Watch dans son document

HRW s’inquiète aussi du plan de rapatriement des réfugiés burundais qui sont en Tanzanie à raison de 2 000 par semaine, depuis le 1er octobre prochain. «L’établissement d’objectifs pour le rapatriement volontaire soulève le risque de retours forcés illégaux si les candidats au retour sont moins nombreux que l’objectif fixé», déclare HRW qui  souligne que la convention de 1951 relative au statut des réfugiés et la convention de 1969 relative aux réfugiés en Afrique interdisent le refoulement d’un réfugié vers un endroit où sa vie serait menacée.

Selon HWR, la commission d’enquête de l’ONU est le dernier mécanisme de surveillance à même de publier des rapports sur la situation des droits de l’homme. «Le gouvernement a forcé le Bureau des droits de l’homme de l’ONU à quitter le pays en février, et la plupart des organisations non gouvernementales locales et des médias indépendants ont été fermés ou suspendus».

La prolongation du mandat de la commission fournira donc une surveillance essentielle de la grave situation des droits humains dans le pays à l’approche des élections de mai 2020, conclut l’organisation de défense des droits humains.