Nduta : quatre réfugiés burundais portés disparus depuis le weekend dernier

Nduta : quatre réfugiés burundais portés disparus depuis le weekend dernier

Au camp de Nduta, la peur panique se lit dans les visages des réfugiés burundais. Ils s’inquiètent des arrestations en cascade qui s’opèrent dans ce camp. Depuis samedi dernier, quatre personnes sont  portées disparus. (SOS Médias Burundi)

Samedi tard dans la nuit, les hommes en uniforme de la police tanzanienne ont arrêté un certain Ngendakumana Éric.

“Il était chez lui au village 23 de la zone 6. Il a été forcé de monter dans un pic up policier. Et depuis lors, aucune nouvelle”, témoignent ses voisins.

La même nuit de samedi, un autre jeune connu sous le nom d’Edouard Bihomora, du village 11 zone 14 a été interpellé.

“Il était lui aussi chez lui quand il a été appelé par des personnes non encore identifiées”, disent des réfugiés burundais.

Les interpellations se sont poursuivies le lendemain. “ Deux autres jeunes ont été arrêtés. Il s’agit de Ndayisenga Moïse de la zone 19, village 01 et Sabushimike Abraham de la zone 8, village 07. Ils ont été arrêtés par des policiers”, racontent des réfugiés de Nduta. 

Les réfugiés burundais crient aux disparitions forcées.

“ Ce sont de purs enlèvements de nos compatriotes car ceux qui les ont arrêtés ne se sont pas identifiés. Et d’ailleurs nos amis n’ont pas été informés des infractions qu’ils auraient commises. Ce sont de paisibles citoyens réfugiés qui ne vivent que du petit commerce. Ils ne sont pas dans la politique car ici on ne fait pas de politique”, racontent des Burundais de Nduta.

Ils s’inquiètent aussi de la sécurité des “disparus”.

“Les familles de ces personnes les ont recherchées dans les différents cachots de la police, sans succès. Donc nous nous inquiétons de leur sécurité car plusieurs autres réfugiés ont disparu dans de pareilles circonstances et ne sont jamais revenus,” disent-ils.

Depuis le début de cette année, plus de 25 burundais sont portés disparus à Nduta. Des cas de disparitions forcées sont aussi rapportés à Nyarugusu et à Mtendeli, deux autres camps de réfugiés burundais en Tanzanie.

Dans plusieurs cas, les éléments de la police et des civils qui assurent la sécurité des camps appelés des Sungusungu sont suspectés d’être impliqués dans ces enlèvements.

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