MÉDIAS : la Chine, la Turquie et l’Égypte prennent le devant dans l’emprisonnement des journalistes


Dans un rapport publié aujourd’hui, le Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ) fait savoir que l’année 2019 enregistre des effectifs trop élevés de journalistes détenus par rapport aux années passées. (SOS Médias Burundi)

Les journalistes emprisonnés en 2019 à travers le monde alors qu’ils faisaient leur travail avoisinent 250. La Chine prend la première place, suivie par la Turquie, puis l’Arabie Saoudite et l’Egypte.

« Alors que la Chine a resserré son emprise de fer sur la presse, et la Turquie, ayant éliminé pratiquement tous les reportages indépendants, libéré des journalistes en attente de jugement ou d’appel. L’autoritarisme, l’instabilité et les protestations au Moyen-Orient ont entraîné une augmentation du nombre de journalistes emprisonnés dans la région, en particulier l’Arabie Saoudite, qui est maintenant à égalité avec l’Égypte en tant que troisième pire geôlier du monde », précise le rapport du CPJ.

Selon l’organisation, le nombre de journalistes détenus pour leur travail en 2018 était de 255, tandis que le record a été atteint en 2016 avec 273 journalistes emprisonnés.

Les autres pays réputés dans l’emprisonnement des journalistes pour leur travail sont l’Érythrée, le Vietnam et l’Iran.

En 2018, des pays répressifs, comme la Russie et le Singapour, ont promulgué des lois criminalisant la publication de «fausses nouvelles». L’enquête menée cette année montre que la Turquie n’est pas le pire geôlier du monde. Toutefois, souligne CPJ, le nombre réduit de prisonniers ne signifie pas une amélioration de la situation des médias turcs. « Au contraire, la diminution de 47 journalistes emprisonnés contre 68 l’année dernière reflète les efforts couronnés de succès du gouvernement turc  pour éliminer les reportages et critiques indépendants en fermant plus de 100 organes de presse » , indique toujours CPJ.

En Turquie, des dizaines de milliers de militaires, de policiers, de parlementaires, de juges et de procureurs ainsi que de journalistes ont été accusés de crimes depuis la tentative de coup d’État raté en 2016.