Bujumbura : les changeurs de monnaie ou métier au désordre total

Bujumbura : les changeurs de monnaie ou métier au désordre total

Les changeurs de monnaie dits « Abavunjayi»  se méfient de tout passant. Travaillant dans la discrétion totale, ils affirment faire un boulot à grand risque, incluse même l’option de perdre la vie s’ils ne sont pas emprisonnés. (SOS Médias Burundi)

SOS Médias Burundi a voulu s’enquérir de la situation du travail des changeurs et des cambistes.

À l’endroit communément dit «Kwa Ndamama », au centre-ville à côté de l’ancien marché central, pas un seul cambiste. Et pourtant, il est connu pour ses nombreux cambistes qui, jadis accueillaient tout passant.

Notre reporter a pris l’initiative de visiter plusieurs coins. C’est à la  Banque Commerciale du Burundi (BANCOBU) qu’il a pu réaliser quelque chose d’étonnant. «Quand je me suis arrêté tout près de la banque, 4 hommes adossés au mur de la clôture me regardaient, les yeux écarquillés. D’un petit geste, j’ai pris mon téléphone et les 4 hommes se sont précipités à vite quitter l’endroit un à un », détaille-t-il

«Quand j’ai juste appelé un changeur par  téléphone, il est venu me voir et les 4 sont revenus. À ce moment, je me suis rendu compte que ce sont des changeurs ».

Témoignage

«Mon frère, nous sommes comme des gazelles qui cohabitent avec des lions. À tout moment, on peut nous arrêter et nous nous méfions  de tout le monde. Des personnes en tenue civile avisent la police qui vient ensuite nous arrêter», a indiqué l’un d’eux.

Un autre cambiste regrette que les nouvelles conditions de travail aient compliqué leur vie. «Il est difficile de joindre les deux bouts du mois. Avant, je pouvais gagner  facilement au moins 800 000 FBU, mais je trouve difficilement 200 000FBU actuellement. Bon nombre de nos camarades  sont au chômage, d’autres emprisonnés suite aux nouvelles mesures de la BRB(Banque de la République du Burundi) »,raconte-t-il désemparé.

Une vie piégée

Curieux, notre reporter a encore fait un petit déplacement attentivement, avant de croiser  une dame un peu furieuse à l’Avenue de l’amitié. «J’ai joué le client et la dame m’a dit qu’elle venait de demander le taux de change et qu’on lui disait que le dollar américain s’achète à 2150 FBU. Elle croyait plutôt que c’était 2850 FBU ou plus ».

Furieuse, elle se tordait que son mari venait de lui  envoyer  de l’argent pour payer la dette, mais il y aura un grand vide avec le taux.

Le changeur qui était avec moi a refusé de prendre ses dollars à un prix du marché noir. «Le deal se fait par téléphone, avec ceux en qui on a confiance », m’a-t-il révélé.

Malheureusement, la voie est aussi parsemée d’embuches, car un cambiste a été assassiné au nord de Bujumbura, il y a quelques jours après avoir répondu à un appel téléphonique.

Quant aux registres exigés par la banque centrale, les changeurs sont unanimes. Ils affirment qu’ils les remplissent comme il se doit mais que personne ne vend les devises au taux fixé.

 Des fois ils achètent le dollar à 2150 Fbu et l’Euro à 2300 pour ceux qui ne connaissent pas les changeurs. Cela n’empêche pas néanmoins de les revendre jusqu’à 2900 et 3100 FBU successivement.

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