Le président Nkurunziza perd un procès à Paris

Le président Nkurunziza perd un procès à Paris

La Cour d’appel de Paris trouve non fondées les plaintes du président Nkurunziza contre Maître Bernard Maingain, l’écrivain David Gakunzi et la chaîne de Télévision France 3. (SOS Médias Burundi)

Le verdict est tombé jeudi. Le président Nkurunziza avait intenté un procès en diffamation pour un reportage diffusé en 2016 sur la situation politique au Burundi.

Le Burundais Gakunzi et le Belge Bernard Maingain étaient incriminés pour une interview faite en janvier 2016 sur France 3. Le Président Nkurunziza les accusaient de salir son image lors de leur passage à la chaîne, évoquant des cas de violations graves de droits de l’homme.

Cette décision intervient en pleine campagne sur la sensibilisation des victimes des crimes contre l’humanité qui font object d’enquête de la Cour Pénale Internationale (CPI).

Cette campagne de trois mois est menée depuis novembre dernier par la CB-CPI (Coalition Burundaise pour la CPI) et le RJB-CPI (Réseau des Journalistes Burundais pour la CPI).

Pour Maître Lambert Nigarura, président de la CB-CPI, la décision de la Cour d’appel de Paris est une victoire pour ces victimes.

“Ce n’est pas seulement une victoire pour ces personnalités qui étaient citées à comparaître, c’est aussi une victoire de toutes ces milliers de victimes de violations de droits humains. C’est aussi un signe évident d’espoir contre l’impunité au Burundi” a-t-il dit.

Me Maingain fait partie d’un collectif d’avocats qui ont déjà déposé plus de 2000 dossiers de crimes contre l’humanité devant la Cour Pénale Internationale (CPI).

D’après ce collectif, les présumés auteurs sont dans les institutions du gouvernement burundais.

Me Nigarura qui a suivi aussi ce procès devant le tribunal correctionnel de Paris, souligne que le Burundi avait l’objectif de discréditer ces avocats et défenseurs des droits humains.

“ Le premier objectif était de tenter de mettre les bâtons dans les roues afin d’empêcher le collectif d’avocats de poursuivre sa quête d’une justice impartiale et indépendante. Mais aussi de déstabiliser et d’empêcher toutes les personnes qui dénoncent les violations graves qui sont en train de se commettre au Burundi. Il était aussi question de chercher à se blanchir et trouver un prétexte pour dire que les rapports de violations de droits humains rendus régulièrement sont mensongers”, explique-t-il.

Et d’ajouter que la décision du tribunal est un ouf de soulagement pour les victimes des crimes commis au Burundi.

“Heureusement qu’ailleurs, sous d’autres cieux, les juges lisent la loi et disent le droit”, renchérit-il.

La présidence burundaise n’a pas encore réagi. Mais, en avril dernier, le conseiller principal chargé de la communication à la présidence, Willy Nyamitwe, avait souligné que ces hommes ont agi sur instigation de l’Occident et qu’ils font partie d’un complot contre les institutions burundaises, ce que nient catégoriquement ces activistes qui disent être victimes de leur travail de défense des droits humains.

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