La Tanzanie refuse d’accueillir plus de 150 Burundais demandeurs d’asile au camp de Nduta


Burundi Tanzanie - SOS Médias Burundi

Ils sont tous revenus en Tanzanie après avoir été rapatriés “volontairement”. Ils affirment avoir été persécutés à leur arrivée au Burundi. La Tanzanie leur refuse l’asile et les  considère plutôt comme des éléments venus perturber la sécurité. (SOS Médias Burundi)

Ils sont arrivés en Tanzanie en décembre dernier. Selon nos sources, la  plupart de ces Burundais sont arrivés  en masse au camp de réfugiés de Nduta. «Ils se sont dirigés à Nduta, un camp qu’ils maitrisent bien pour y avoir passé pas moins de 3 ans avant d’être  rapatriés “volontairement” au cours de l’année passée », précisent-elles.

Les  mêmes sources affirment que la plupart des arrivants sont des jeunes gens originaires des provinces de Ruyigi (est du Burundi) et de  Makamba (sud).

Certains d’entre eux ont témoigné à SOS Médias Burundi qu’ils ont encouru des risques de mort au pays natal, alors qu’ils venaient juste de retourner au bercail. «Moi je n’ai jamais dormi chez moi pendant trois mois. Aussitôt que je suis arrivé à Ruyigi, j’ai été vite indexé par des Imbonerakure parce que j’étais membre de la coalition Amizero y’Abarundi avant de fuir le pays en 2015. Ensuite, j’ai adhéré au nouveau parti  CNL d’Agathon Rwasa. Ils m’ont donc accusé d’être un éclaireur de probables rebelles. Voilà pourquoi j’ai préféré revenir en Tanzanie”,  a raconté André,la quarantaine, qui a fui avec 5 membres de sa famille.

Parmi les autres difficultés qu’ils racontent avoir eu: l’obligation  d’intégrer les comités mixtes de sécurité à Makamba, et Ruyigi. Ils affirment plutôt qu’ils avaient découvert en cela, une façon de les surveiller.

Marginalisés dans la société, ils disent que personne sur la colline ne pouvait  même oser les aider à transporter au dispensaire ou à l’hôpital un enfant qui tombe malade.

Mercredi de la semaine dernière, les responsables administratifs et policiers de la région de Kigoma qui abrite le camp de Nduta ont menacé ces nouveaux demandeurs d’asile.

“C’est vous même qui avez choisi de vous inscrire pour rentrer volontairement. Alors pourquoi vous revenez en moins de trois mois? Et pourquoi un si grand nombre de demandeurs d’asile en un seul mois de décembre? C’est à dire qu’il y a quelque chose qui se cache derrière ce mouvement ”, ont-ils insisté dans une réunion tenue avec ces Burundais.

Nos sources disent que deux jours après, le responsable de l’immigration à Kigoma a accusé ces Burundais sur les ondes de la station Kwizera, une radio locale émettant depuis Kigoma, d’être  des fauteurs de troubles.

“Imaginez un tel nombre de gens, dépassant 150, qui n’ont pas passé sur les frontières connues. Ils sont  enregistrés nulle part. Ils sont en fait des sans-papiers qui doivent être déportés et remis aux autorités burundaises à la frontière” a-t-il dit.

Tous les chefs de zones  dans le camp de Nduta ont reçu l’ordre de ne recevoir aucun Burundais faisant partie du groupe. Et pour le moment, certains dorment à la belle étoile, d’autres préfèrent passer la nuit dans des forêts ou encore essaient de franchir d’autres camps ou pays limitrophes.

Des défenseurs des droits humains en Tanzanie alertent. Ils estiment que ces Burundais risquent de subir des traitements «cruels et inhumains » s’ils sont refoulés.

Ils demandent à la Tanzanie de revenir  sur sa décision et de  leur accorder l’asile.

Si rien ne change, ces Burundais ont jusqu’au 28 février de cette année pour quitter le sol tanzanien.