Un couvre-feu imposé par des jeunes du parti au pouvoir inquiète la population
Des habitants de Ia commune de Ruhororo en province de Ngozi (nord du Burundi) s’inquiètent du couvre feu imposé à partir de 20h par les jeunes du parti au pouvoir Imbonerakure. L’administrateur ne nie pas les faits. Mais il parle «d’un groupe bien connu et travaillant pour le bien de la population ». (SOS Médias Burundi)
Selon plusieurs témoignages, chaque personne qui circule au-delà de 20h doit payer des amendes.
«Des jeunes Imbonerakure érigent des barricades et font des patrouilles. À partir de 20h,personne n’a le droit de circuler en dehors de chez lui. Pour aller à l’hôpital, on doit demander une autorisation spéciale. Pendant la nuit, Ils sont armés de gourdins et d’armes blanches. Les cabarets et les boutiques doivent également être fermés à l’heure imposée », témoigne un habitant du chef-lieu de la zone de Ruhororo.
Le témoignage de cet habitant est corroboré par un enseignant de la localité.
«On m’a arrêté à 20h alors que je venais de participer à une fête familiale dans une commune voisine. Ils m’ont tabassé prétextant que j’ai violé le couvre-feu. Ils se sont substitués à la police. J’ai porté plainte mais aucune suite n’a été réservée à mon dossier », indique Bigingo*, un enseignant de la localité.
Contacté, l’administrateur de la commune de Ruhororo ne nie pas les faits. «C’est un groupe organisé et connu. Il n’est pas seulement composé des jeunes Imbonerakure. C’est un comité mixte de sécurité qui est au service de la population. Il est composé des jeunes provenant de plusieurs partis politiques », a-t-il conclu.
