Des rebelles à Nyabiraba?


Depuis hier, plusieurs photos montrant des hommes à moitié nus, entrain d’être battus ou couchés sur le ventre circulent sur les réseaux sociaux. Il s’agirait de rebelles arrêtés dans la commune de Nyabiraba (ouest du Burundi) dimanche 23 février 2020.  Au moins onze sur quatorze individus qui composaient le groupe interpellé ont été tués, d’après nos informations. (SOS Médias Burundi)

D’après nos sources, les photos ont été prises dans la localité de Mugoti, dans la commune de Nyabiraba en  province de Bujumbura (ouest du Burundi) communément appelée  «Bujumbura Rural ».

Des témoins précisent qu’en tout, 14 individus ( tous des hommes) ont été arrêtés dans l’après-midi de dimanche. «Il y a  eu quelques échanges  de tirs aux environs de 14h qui n’ont pas duré. Le groupe armé se dirigeait vers la commune voisine de Mutambu », a témoigné à SOS Médias Burundi un habitant de Mugoti.

D’après des sources locales, trois personnes qui ont été présentées comme des «rebelles » ont pu être identifiées: deux sont originaires de la commune de Mubimbi dans la même province tandis que le troisième est un enseignant originaire de la commune de Gatara dans la province de Kayanza ( nord du Burundi).

Selon la police locale, le groupe aurait passé quelques jours dans des vallées et buissons de la commune d’Isale dans la même province.

Les photos qui circulent montrent des individus en T-shirts du parti au pouvoir, le CNDD-FDD entrain de tabasser ou essayant d’étrangler les personnes interpellées.

Des habitants disent que ce sont des jeunes Imbonerakure qui avaient participé dans une opération de ratissage aux côtés de la police.

«Cela fait plusieurs années que des informations de plus en plus précises évoquent l’armement des miliciens Imbonerakure et de graves violations de droits humains auxquelles ils s’adonnent. Chaque fois que des attaques armées sont évoquées, des miliciens sont cités dans des cas d’exécutions extrajudiciaires. Ce qui se passe à Bujumbura rural est  une preuve incontestable de ces informations. Le parti CNDD-FDD a l’obligation de mettre fin à ces pratiques extrêmement dangereuses, mais j’ai des doutes sur sa volonté à le faire étant  donné qu’il utilise la milice pour surveiller les Burundais et installer la peur. C’est avant tout la responsabilité de l’État d’agir dans cette situation. Toute autre jeunesse d’un parti politique qui agirait comme les Imbonerakure entraînerait la suspension du parti et la dissolution de la milice. Ceux qui entretiennent cette milice ne mesurent pas encore sa dangerosité même contre eux-mêmes », a réagi Pacifique Nininahazwe, président du FOCODE(Forum pour la Conscience et le Développement).

Des informations non encore confirmées par l’administration et la police parlent de onze  personnes tuées sur les quatorze qui ont été prises en otage. «Elles ont été exécutées », affirment des témoins.

Le 19 février 2020, des enregistrements audios faisant état d’une incursion de rebelles dans la province de Bujumbura avaient été diffusés sur les réseaux sociaux. Plusieurs arrestations ont été opérées par la police et les renseignements.