Covid-19 : réduction considérable de la ration alimentaire pour les réfugiés du camp de Nakivale


Le Programme Alimentaire Mondial a signifié aux réfugiés du camp de Nakivale en Ouganda que le quota de leur ration alimentaire va être réduit. Cette décision est prise suite à la pandémie du Coronavirus qui frappe fort les partenaires du PAM. (SOS Médias Burundi)

L’annonce sonne comme un coup de massue chez les réfugiés burundais du camp de Nakivale : une diminution de 35% sur la quantité de leur approvisionnement mensuel.
“La quantité du maïs est réduite de 12kg à 8kg. La même réduction est aussi appliquée à d’autres produits comme le haricot, l’huile et le sel de cuisine. Pour ceux qui reçoivent leur dû en cash, au lieu de percevoir 31.000 Shillings comme d’habitude, ils auront 22.000 Shillings Ougandais”, ont indiqué des Burundais, dont un père d’une famille de 5 membres.

Cette décision a été signifiée aux réfugiés par l’ONG locale “Hunger Fighters Uganda”, partenaire du PAM en matière d’alimentation au camp de Nakivale.

Le PAM a expliqué que cela est dû à la crise de la pandémie du Covid-19 qui secoue ses partenaires clés en Europe et en Amérique.
“Nous craignons que la crise peut perdurer et causer une rupture de stocks, raison pour laquelle nous préférons manger peu mais pour une longue durée. Si la situation change, les conditions de vie seront aussi renormalisées”, ont fait savoir les responsables du PAM.

Les réfugiés, dans l’angoisse

Ils ne voient pas comment ils vont survivre dans ces conditions.
“Imaginez que même avec les 12kg de maïs, on ne pouvait pas joindre les deux bouts du mois. Avec cette réduction, nous allons sans doute alterner les jours pour manger et peut être manger trois fois par semaine. C’est vraiment dommage”, se lamentent des réfugiés que notre reporter a rencontrés.

Cette situation coïncide avec la hausse exponentielle des prix de produits de première nécessité dans ce camp.
“1kg de haricot est passé de 600 à 2000 Shillings ougandais, le Kg de haricot s’achète actuellement à 1200 Shillings alors qu’il coûtait 500 Shillings ougandais dans les deux dernières semaines. 1Kg de sucre est passé de 3500 à 6000 Shillings ougandais, de même que le sel de cuisine, et un sac de charbon s’achète à 70.000 Shillings ougandais alors que le prix normal était de 45.000”, témoignent des réfugiés.

Même si cette situation touche tous les réfugiés du camp de Nakivale en général, les plus vulnérables sont des Burundais car les autres communautés se sont bien installées et font surtout le commerce après 10 ans et plus dans ce camp.

Les Burundais disent que ceux qui seront épargnés par le covid-19, pourront mourir de faim.

Leur pays d’accueil a déjà déclaré 33 cas avérés de Covid-19.