Burundi-Élections : Agathon Rwasa revendique la victoire


Dans une interview exclusive à SOS Médias Burundi, Agathon Rwasa leader et candidat président du CNL affirme que son parti arrive en tête. Il demande à la commission (CENI) en charge des élections d’user de sagesse et de respecter la volonté du peuple qui a décidé hier. ( SOS Médias Burundi)

Le candidat au fauteuil présidentiel affirme avoir suivi de près les résultats du scrutin dans les différentes provinces du Burundi. « Depuis hier, nous avons essayé de suivre le dépouillement ici et là. À travers le pays, le constat est que le CNL vient en tête. Que ce soit pour la présidentielle, pour les législatives ou encore pour les scrutins communaux. Tout ce que nous formulons comme vœux à l’endroit de tous les Burundais, surtout de la CENI et de la cour constitutionnelle, c’est d’être responsable. Ne pas céder aux avances des uns ou aux menaces des autres et se ranger du côté de la population qui a voté pour le changement », a indiqué l’ancien chef rebelle.

M. Rwasa tient à s’adresser aux hommes politiques burundais de tous les bords, aux confessions religieuses et à la société civile : « Quinze ans avec une vie de galère pour tout un peuple, c’est déjà trop. Le peuple a donc décidé de changer de cap. Il a voté massivement pour le CNL. Ce que nous demandons à tout un chacun, c’est d’être respectueux envers le peuple burundais qui a soif de changement et qui a défini ce changement au travers des urnes, hier », a-t-il poursuivi.

Déception

Évoquant le déroulement du scrutin hier, le leader du CNL a reproché un manque de neutralité notamment dans les rangs de la police, de l’armée, de la justice et de l’administration générale. « Le phénomène qu’on a observé hier ne vient que corroborer ce que l’on a déjà remarqué ces derniers mois. Il y a eu un acharnement tous azimuts contre les mandataires du CNL, l’objectif étant pour le CNDD-FDD de se garantir une victoire absolue. Je le déplore, c’est anti démocratique. Si on doit aller dans une compétition électorale, on doit tous jouir des mêmes droits et des mêmes libertés », estime M. Rwasa. Et d’accuser : « Vous vous souviendrez même que des gens sont tombés. Tués par des Imbonerakure à Buruhukiro, à Kabezi et ailleurs dans le pays. Les prisons sont archi pleines, remplies de prisonniers qui n’ont commis aucun délit. Uniquement parce qu’ils sont membres du CNL, ils ont été appréhendés et mis au cachot. C’est terrible que ça se passe ainsi », a-t-il insisté.

Honte

Agathon Rwasa qualifie de « honte » la gestion du processus électoral. Il a rappelé que la présence des mandataires est obligatoire durant le scrutin. « Chaque mandataire doit rentrer avec une copie du PV. Or nos mandataires ont été chassés et tabassés partout. La fraude est tellement massive que même un officier de l’armée en mission de sécurisation des élections à Mutumba a été emprisonné pour avoir posé des questions sur le vote répétitif d’Imbonerakure », a-t-il martelé.

Le parti CNL a comptabilisé plus de 200 interpellations visant ses membres dans la seule journée d’hier. Selon nos chiffres basés sur des témoignages de correspondants pour SOS Médias Burundi, près de 170 militants du CNL ont été appréhendés ce mercredi, pendant et après les opérations de vote.