Rumonge : des contributions décriées
Les autorités provinciales de Rumonge (Sud-ouest du Burundi) ont ordonné à tout individu de la province de donner sa contribution. C’est pour construire un immeuble abritant les bureaux du gouverneur. Des habitants dont des fonctionnaires dénoncent une énième contribution pour une seule activité. Ils accusent les autorités d’avoir trouvé un moyen pour les rançonner. (SOS Médias Burundi)
Tout fonctionnaire de l’État doit contribuer à hauteur de 20000 francs burundais. Les autres habitants de la province ayant 18 ans et plus doivent payer 2000 francs, selon l’ordre émanant du bureau provincial.
Dans les services publics, ce sont les chefs de service qui s’occupent de la collecte. « Chaque directeur d’une école par exemple doit passer le message à son personnel. C’est la même chose dans d’autres services de l’État. Le message est délivré à titre d’information, on n’est pas permis d’en discuter. C’est un ordre. Toutefois, nous nous insurgeons contre des cotisations qui n’en finissent pas. Ça fait la énième fois qu’on nous exige une contribution pour la même chose », ont réagi des enseignants de Rumonge.
Des Imbonerakure dans la cadence
Des jeunes Imbonerakure ont été placés sur tous les parkings de la ville de Rumonge avec des reçus pour le recouvrement forcé, selon des témoins oculaires.
En dehors du chef-lieu de province, ils ont érigé des check points pour faire payer la contribution. « Si tu arrives à une barrière gardée par des Imbonerakure, tu dois montrer un reçu qui prouve que tu t’es acquitté de la contribution. Sinon, tu paies ou tu ne passes pas. Ils ont des carnets de reçus leur octroyés par l’administration », ont confié à SOS Médias Burundi des habitants de Rutumo, un centre situé à quelques dizaines de kilomètres de la ville.
L’argent perçu doit être versé sur un compte ouvert dans une banque locale.
Des habitants disent être fatigués par des contributions forcées et répétitives ces dernières années.
Ils rappellent que c’est la troisième fois qu’ils sont appelés à contribuer pour le même projet. « On doit d’abord nous expliquer comment ils ont utilisé les deux premières tranches. Depuis l’annonce du projet, c’est seulement la fondation de l’immeuble et les colonnes qui sont visibles. Nous pensons que l’argent a été détourné », regrettent des fonctionnaires.
L’an dernier, un conseiller du gouverneur de Rumonge a été arrêté. Il est accusé d’avoir détourné plusieurs millions de francs burundais destinés au projet.
Ce dernier a été initié en 2018 et les contributions ont commencé cette année. Mais la première pierre a été posée début février 2020. C’est l’actuel président Évariste Ndayishimiye alors secrétaire général du CNDD-FDD qui a lancé les activités.
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Photo : l’immeuble qui abritera le bureau provincial de Rumonge en construction, janvier 2021
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