Bururi : conditionnalité de l’achat du sucre à la participation aux travaux communautaires
Des habitants du chef-lieu de la province de Bururi (sud du pays) s’indignent contre le fait qu’il faille participer aux travaux communautaires pour avoir le droit d’acheter le sucre. Ils parlent de politisation dans le commerce de ce produit. (SOS Médias Burundi)
Des habitants de la province de Bururi témoignent que juste au moment où un grossiste s’aprêtait à vendre le sucre ce vendredi, l’administrateur de la commune de Bururi a opposé son véto.
Il a stipulé que toute personne qui ne participe pas régulièrement aux travaux communautaires dans cette localité n’a pas le droit à l’achat du sucre.
Des sources locales indiquent d’ailleurs que seuls les militants du CNDD-FDD, le parti au pouvoir ont droit au sucre, un produit devenu une denrée rare depuis plusieurs mois. « Un commerçant avait amené 3 sacs de 50 kg chacun. Le Sucre a été distribué aux jeunes du parti au pouvoir (des Imbonerakure) du centre urbain de Bururi », disent des habitants.
Spéculation
La conséquence de cette mesure est que le sucre est vendu clandestinement à 5000 francs burundais le kilogramme dans cette province. Officiellement, il se vend à 2500 francs. Des habitants estiment que le système de distribution du sucre est politisé. Ils demandent au gouverneur d’intervenir afin de remettre de l’ordre dans la vente de ce produit.
Dans les ménages, les conséquences de la pénurie du sucre sont énormes, surtout pour les familles ayant des enfants. Les enfants ne mangent plus de pain et de la bouillie. Les commerçants de ce produit affirment travailler à perte.
La pénurie du sucre dure plusieurs mois au Burundi. La Sosumo (Société Sucrière du Moso), seule société étatique qui produit et commercialise le produit affirme pourtant que la production est bonne et que les quantités destinées à chaque province n’ont pas diminué.
Selon des analystes, la pénurie est causée par deux phénomènes majeurs : l’exportation clandestine du sucre et l’ingérence des autorités au plus haut niveau dont des hauts gradés de la police et de l’armée dans le commerce de ce produit.
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Photo : bureau communal de Bururi
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