Kakuma (Kenya) : climat tendu entre réfugiés burundais et sud-soudanais

Kakuma (Kenya) : climat tendu entre réfugiés burundais et sud-soudanais

Des réfugiés burundais sont de plus en plus la cible de plusieurs attaques et de vols. Ils pointent du doigt des Sud-Soudanais de l’ethnie Nuer comme étant auteurs de ces incidents. Des Burundais ont saisi la police mais jurent de se faire justice si les auteurs ne sont pas traduits en justice. (SOS Médias Burundi)

En une semaine, trois incidents ont ciblé des réfugiés burundais du camp de Kakuma au Kenya. Ce sont soit des commerçants ou des agriculteurs qui tombent dans des embuscades tendues par des Sud-Soudanais, selon des témoignages. “Le 6 août, un Burundais a été blessé au niveau du bras droit. Il revenait du centre de distribution des vivres où il venait de recevoir sa ration mensuelle dans la zone Kakuma IV. Il a été battu et dépouillé de tout ce qu’il avait sur lui, en pleine matinée”, racontent des témoins oculaires qui déclarent être intervenus quoi que tardivement.

Deux jours après cette attaque, une autre a été perpétrée au même endroit, ciblant deux Burundais. “Les 7 et 8 août, un agriculteur et un jeune tous Burundais sont tombés dans un groupe de Sud-Soudanais qui les ont battus. Un téléphone portable et une somme d’argent non encore connue ont été volés. Les victimes sont hospitalisées, mal en point”, précisent les mêmes sources.

En mars dernier, six ménages burundais avaient fait objet de vol. “Les auteurs ont emporté des téléphones mobiles, des vivres et des vêtements. La maison d’un Sud-Soudanais a été visé mais les bandits ont jeté le butin dans la rue après avoir découvert qu’il appartenait à un des leurs. Ceci prouve à suffisance que les voleurs veulent s’en prendre seulement aux Burundais. Nous pensons qu’il s’agit d’une tentative de déstabilisation pour nous déloger d’où nous sommes installés afin d’occuper seuls cette partie où ils sont plus nombreux”, racontent des réfugiés burundais. Ils jurent de se venger.

“Nous ne pouvons pas croiser les bras alors que nos frères et soeurs subissent des attaques. Nous allons nous faire justice si jamais la police n’intervient pas. Trop c’est trop”, déclare un chef local.

La communauté burundaise a saisi la police. Elle a répondu aux réfugiés d’ organiser des rondes nocturnes pour se protéger.

Pour le moment, les deux communautés se regardent en chien de faïence. Les Burundais jurent qu’ils ne vont pas quitter cette partie de Kakuma IV pour la céder aux Sud-Soudanais.

Le camp de Kakuma est situé au nord-ouest du Kenya. Il abrite près de 200 mille réfugiés originaires de plus de dix pays dont plus de 20 mille Burundais.

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Photo : une pancarte montrant le camp de réfugiés de Kakuma (Kenya)

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