Kibago : un EX-FAB arrêté

Kibago : un EX-FAB arrêté

Cyrille Hamenyimana, un retraité qui a servi au sein de l’ancienne armée avant l’intégration de mouvements armés Hutus a été arrêté le matin de ce lundi à son domicile sur la colline de Mbizi. C’est dans la commune de Kibago en province de Makamba (sud du Burundi). Il a brièvement été auditionné par un officier de police judiciaire avant d’être conduit dans un cachot de la police au chef-lieu de province. Sa famille indique ignorer les raisons de l’interpellation. (SOS Médias Burundi)

C’est le commissaire communal de la police à Kibago qui a appréhendé en personne le retraité. Il avait un mandat d’arrêt, mais le concerné n’a pas eu le privilège de lire le motif inscrit sur ce dernier, selon des témoins. « Le commissaire communal s’est fait accompagner d’une armada de policiers pour arrêter Cyrille Hamenyimana. Il lui a montré un mandat plié avant de rapidement lui signifier qu’il vient d’être interpellé. L’intéressé et sa famille n’ont pas eu le privilège d’être informés des raisons de son arrestation », racontent des voisins.

Selon nos sources, M. Hamenyimana a été emmené au chef-lieu de la commune de Kibago où il a été brièvement auditionné par un OPJ (officier de police judiciaire) assisté par Méroé Ntunzwenimana, représentant provincial du SNR (service national de renseignements) à Makamba.

Le retraité qui était encore en service en 2015 lors du coup d’État raté contre feu président Nkurunziza a eu à s’expliquer devant le représentant du SNR sur son séjour au Rwanda et la détention illégale d’armes. « Sa famille habitait à Bujumbura (capitale économique) où il travaillait et venait juste de déménager. Des jeunes Imbonerakure l’ont soupçonné et ont menti qu’il possède des armes. La police et les renseignements devraient éviter de tomber dans ce piège », estiment des habitants qui se sont confiés à SOS Médias Burundi.

Le dossier de l’ex militaire est traité au chef-lieu de province où il est détenu.

D’après sa famille, Cyrille Hamenyimana était rentré chez lui ce vendredi en provenance de Bujumbura (capitale économique) pour participer à une fête de famille sur sa colline natale.

Une haine contre les Tutsis

Selon des habitants, le retraité est victime d’une haine contre les Tutsis dans la localité.

Des Tutsis (surtout de sexe masculin) natifs de la colline de Mbizi et vivant dans d’autres provinces ont peur de se rendre sur leur colline natale. « Chaque fois qu’un jeune ou homme de l’ethnie des Tutsi vient ici, il est repéré par des Imbonerakure qui collaborent pleinement avec des rapatriés haineux. Il suffit d’y passer une nuit, l’ordre de les arrêter tombe. Ce qui se passe sur cette colline est innommable », s’insurgent des habitants.

Le SNR et la police pointés du doigt

Selon des sources locales, la police et le représentant des renseignements à Makamba sont devenus des outils de répression contre des Tutsis.
Des élus locaux collaborent avec des jeunes Imbonerakure du parti au pouvoir le CNDD-FDD pour surveiller et arrêter les cibles, et puis, la police et le SNR viennent les récupérer. S’ils ne disparaissent pas, ils finissent en prison, dénoncent des observateurs locaux.

Pour illustration, ils parlent de plusieurs cas de Tutsis qui ont été appréhendés sans mandat ni convocation et qui croupissent dans des maisons d’arrêt.

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Photo : la province de Makamba

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