Burundi : des organisations dénoncent des crimes sans nom

Burundi : des organisations dénoncent des crimes sans nom

Le 10 décembre de chaque année depuis 1949, le monde entier célèbre la journée internationale dédiée à la déclaration universelle des droits de l’homme votée en 1948. En son 73 ème anniversaire, 19 organisations de la société civile burundaise elles, ont sorti une déclaration où elles alertent sur des crimes sans nom commis au Burundi. Elles accusent le président Évariste Ndayishimiye de passer de bons discours pour tromper l’opinion alors que des crimes sont commis sous son régime. Elles parlent de plus de 800 personnes tuées, plus de 1100 cas d’arrestations arbitraires, d’exécutions extra-judiciaires, de viols […] depuis l’accession au pouvoir du président Ndayishimiye. (SOS Médias Burundi)

Dans leur déclaration, les 19 organisations, toutes en exil, affirment que la situation des droits humains au Burundi sous l’ère Ndayishimiye est alarmante.

Selon leur document, 828 personnes ont été tuées. Parmi elles, 399 corps ont été découverts dans différents endroits. Au moins 94 personnes sont portées disparues, 124 autres ont été victimes de torture. La déclaration détaille également que 12 personnes ont été victimes d’exécution extra-judiciaire et dénombre 157 cas de victimes de viols.

En plus des personnes assassinées, les organisations de la société civile burundaise indépendante affirment avoir recensé 1186 cas d’arrestations arbitraires.

Le tout, selon les organisations, est un cumulatif des cas recensés depuis le 18 juin 2020, date à laquelle le président Évariste Ndayishimiye a accédé au pouvoir, jusqu’au 4 décembre 2021.

Une main de fer dans un gant de velours

Selon les auteurs de la déclaration, le président burundais se contente de discours qui affichent de bonnes intentions sans joindre les paroles aux actes. « Les organisations signataires regrettent que l’appareil judiciaire qui est normalement le gardien des droits de l’homme est utilisé pour réprimer les organisations de la société civile à l’instar du jugement unique prononcé à l’endroit des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes en juin 2020 », soulignent-ils avant de reprocher aux autorités administratives de se cacher derrière la pandémie de Covid-19 pour refuser ses droits civils et politiques à une partie de la population ainsi qu’aux associations des victimes des tragédies qui ont endeuillé le pays à rendre hommage aux leurs.

Elles demandent au gouvernement du petit État de l’Afrique de l’est de respecter les droits de la personne humaine et de faire cesser les violations récurrentes des droits imputables à certains agents de l’État en charge de l’ordre et la sécurité opérant en connivence avec des membres de la ligue des jeunes Imbonerakure du CNDD-FDD, de mettre en application les instruments relatifs à la protection et la promotion des droits de l’homme que le Burundi a ratifiés, et de garantir l’indépendance de la magistrature.

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Photo d’illustration : une personne arrêtée par les agents de la police nationale du Burundi

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