Bubanza : l’autorité craint la famine

Bubanza : l’autorité craint la famine

C’est du moins ce qui ressort des rapports de l’administration à la base dans la province de Bubanza (ouest du Burundi) qui dit craindre la famine. Des mesures pour éviter le gaspillage de la maigre récolte ont été prises par le gouverneur de province. (SOS Médias Burundi)

Dans une réunion qui a eu lieu dans la commune de Mpanda jeudi dernier, les administrateurs communaux ont donné des rapports alarmants sur la production vivrière de cette saison culturale A. « Il n’y a pas eu de pluies suffisantes dans les communes de Bubanza et Gihanga. On n’attend pas une bonne récolte de maïs et haricots », ont respectivement expliqué les administrateurs.

Dans les communes de Rugazi et Musigati, les administrateurs ont évoqué des maladies qui ont attaqué la culture de haricot. « Nous avons demandé à la population de pulvériser des insecticides sur ces parasites qui ont attaqué les cultures mais ils ont résisté », ont déploré les deux administrateurs.

Et de renchérir : « Nous n’avons pas cultivé le riz dans les périmètres irrigués par les eaux du barrage de Mpanda. Il est en reconstruction. Celui de Kajeke a quant lui été abandonné ».

Un champ de maïs et haricots à Bubanza

Selon nos informations, le prix du riz est monté en flèche : un kilogramme de riz coûte 2700 francs burundais, une première en province de Bubanza, pourtant grenier du Burundi pour ce qui est de la réserve du riz. Il y a quelques jours, la même quantité coûtait entre 1800 et 2000 francs.

Mesures provisoires

Le gouverneur de la province de Bubanza a sorti une décision vendredi 7 janvier 2022. Il Indique qu’il est désormais interdit de vendre le maïs grillé sur les voies publiques et sur les marchés.

« Ces ventes réduisent sensiblement la production et ouvrent la voie au vol sur pied » , a martelé Cléophas Nizigiyimana, gouverneur de Bubanza. C’était dans la réunion de sécurité tenue le 6 janvier 2022.

En d’ajouter qu’il est interdit de vendre des feuilles de manioc sauf si les chefs de colline l’autorisent par écrit.

Cette décision d’interdire la vente des feuilles de manioc a été saluée par les agriculteurs. Cette pratique de couper en désordre les jeunes boutures réduit la production, selon des habitants.

Le directeur du bureau provincial de l’environnement, de l’agriculture et de l’élevage appelle quant à lui les agriculteurs à cultiver les semences sélectionnées, à fumer les champs avec des engrais chimiques et naturels pour augmenter la production.

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Photo : en tenue civile, le gouverneur de Bubanza avec des responsables policier et militaire dans la réunion de sécurité du 6 janvier 2022.

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