Bubanza: manque de bancs pupitres,  des élèves obligés de s’asseoir par terre

Bubanza: manque de bancs pupitres, des élèves obligés de s’asseoir par terre

Regroupés en 26 groupes pédagogiques, une classe contient entre 76 à 80 élèves à l’école fondamentale de Musenyi I en commune de Mpanda, en commune de Bubanza (ouest du Burundi). Cette école fait notamment face à une pénurie de bancs pupitres. Conséquence : des élèves étudient à même le sol. Une situation qui inquiète parents et enseignants. (SOS Médias Burundi)

Des enseignants s’interrogent sur la qualité de l’étude de leurs élèves qui doivent s’assoir soit à plusieurs sur un banc pupitre soit à même le sol.

« Je suis gêné quand j’enseigne un tel nombre où 5 élèves se partagent difficilement un banc pupitre destiné à 2 élèves. Au moment de prendre des notes ou faire une interrogation, deux des 5 s’assoient sur un sol poussiéreux », constate amèrement un enseignant.

Certaines classes sont construites en briques adobe. Conséquence : des enfants salissent leurs habits rapidement .

La direction a essayé de trouver une parade pour diminuer le nombre d’élèves par classe. Elle a ainsi réparti les classes de première, de deuxième et de cinquième en 4 groupes pédagogiques pour garder un nombre relativement acceptable de 70 à 89 enfants par classe.

Outre le manque de bancs pupitres, le président du comité de gestion de l’école fondamentale de Musenyi I évoque également l’insuffisance des enseignants.
« Il manque aussi des livres et des latrines pour 1700 apprenants à cette école », a-t-il énuméré.

Un enseignant suggère qu’une classe avec un effectif réduit d’élèves a un taux de réussite plus élevé que celui d’une classe bondée.

Une classe bondée à Musenyi
Une classe bondée à Musenyi

Des élèves disent que c’est compliqué de prendre des notes étant assis sur le sol. Pour ce qui sont à cinq sur un banc pupitre, il leur est très facile de tricher, selon toujours ces élèves.

Les parents se sont organisés pour palier quelques défis qui minent cet établissement scolaire. Une contribution a été initiée entre autres pour payer les enseignants bénévoles à raison de 40 mille francs burundais par mois.

« Des enseignants bénévoles ne sont pas motivés par cette modique somme. Ils espèrent juste être les premiers servis aux prochains recrutements », estime un enseignant.

Une contribution qui arrive à compte goutte. Par exemple, pour l’année scolaire précédente (2020-2021), les parents ont contribué à hauteur de 720 mille francs pour payer ces bénévoles.

Les administratifs de la commune de Mpanda disent être au courant de cette question de manque de bancs pupitres. Le directeur communal de l’éducation fait état d’un manque de plus de 5700 bancs pupitres à la rentrée scolaire.

Les écoles fondamentales les plus touchées sont celles de Murengeza avec 182 bancs pupitres pour 1292 élèves, l’école fondamentale Munyinya avec 39 bancs pupitres pour 365 élèves.

Au début du deuxième trimestre, la commune a débloqué 15 millions pour une commande de 430 bancs pupitres, des pupitres qui ont été distribués à 36 établissements de Mpanda.
« Une goutte dans un océan de besoins », avoue un enseignant de Mpanda.

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Photo : des écoliers dans une classe à Mpanda

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