Burundi : le pays n’a pas de devises pour s’approvisionner en carburant mais en dispose pour construire un chemin de fer (le président Neva)

Burundi : le pays n’a pas de devises pour s’approvisionner en carburant mais en dispose pour construire un chemin de fer (le président Neva)

Le président burundais Évariste Ndayishimiye a animé sa toute première conférence de presse ce mardi à son palais de Bujumbura. Il est revenu sur l’inflation qui touche son pays depuis plusieurs mois et la carence du carburant qui persiste. Sur cette carence, il n’a pas donné d’espoir. « Les Burundais doivent s’adapter à la pénurie ». Paradoxalement, il a affirmé que le Burundi compte construire un chemin de fer, ce sans compter sur aucune aide. (SOS Médias Burundi)

Comme il l’avait annoncé le 2 mai à Muyinga (nord-est du Burundi) en marge de la célébration de la fête du travail, M. Ndayishimiye n’a pas donné de faux espoirs à ses sujets.

« Concernant la hausse du prix des produits pétroliers, nous devrons nous adapter. Les engins qui consomment le carburant ne cessent d’augmenter mais les devises ne suivent pas le même rythme car nous n’exportons pas. La carence des produits pétroliers est consécutif au manque de devises. On devrait commencer à produire en grande quantité et exporter afin d’acheter du carburant dont nous avons besoin », a-t-il indiqué.

Toutefois, celui qui accepte une pénurie en devises affirme que son pays va construire un chemin de fer.

« Ce chemin de fer là est très important pour le Burundi. Il y en a qui ont refusé de nous donner les fonds car ils savent que nous deviendrions riches et ne serons plus dépendants d’eux. Quand j’ai vu qu’ils ont refusé de me donner les fonds, nous avons alors décidé que c’est le Burundi qui doit le construire avec ses propres fonds. Ils se sont même moqués de nous disant que nous n’avons pas de moyens financiers nécessaires pour y arriver, nous en disposons bien sûr », s’est-il convaincu devant plusieurs journalistes de médias locaux et d’agences de presse qui ont assisté à la conférence pendant plus de cinq heures.

Et d’ajouter « […], nous sommes dans le processus d’appel d’offre des entreprises (spécialisées dans la construction des chemins de fer) car la Tanzanie est très avancée […]. Cela ne va pas du tout être compliqué car il s’agit d’un projet commun entre le Burundi, la Tanzanie et le Congo. C’est pourquoi nous sommes en train d’ajuster les prix. Les études sont aussi avancées pour le tronçon Gitega-Bujumbura-Uvira- Kindu ».

Et de conclure « Ce chemin de fer est un grand capital pour le pays je vous assure. On m’a informé que la durée du voyage entre Gitega et Dar-es-Salaam est de 11h. Ceci signifie que les hommes d’affaires iront s’approvisionner et revenir le même jour avec plusieurs containers, ce qui va occasionner la baisse des prix de toutes les marchandises ».

Sur les réseaux sociaux et dans des groupes de discussion de journalistes, la majorité de Burundais s’est interrogée sur la capacité d’un pays « incapable de s’approvisionner en quantité suffisante de carburant » à « construire un chemin de fer sans compter sur aucune aide ou assistance ».

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Photo : le président Neva lors de la conférence de presse de mardi 10 mai 2022 à Bujumbura

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