Lusaka (Zambie) : la police rafle plus de 200 Burundais et Rwandais
La police zambienne a organisé une rafle dans la ville de Lusaka, capitale politique de la Zambie durant le week-end dernier. Les personnes visées sont des Burundais et des Rwandais qui n’ont pas de documents de séjour en Zambie. Selon notre source parmi les Burundais, plus de 200 personnes ont été arrêtées. (SOS Médias Burundi)
La police a ciblé des lieux de rassemblement public comme les églises et les centres commerciaux, selon des témoins.
« Nous avons été surpris en pleine messe de dimanche, sommés de sortir et de constater que ceux qui n’avaient pas de permission de résidence ont été embarqués dans des bus mis en disponibilité pour cet effet. Les Burundais, les Rwandais et les Congolais étaient les cibles », a raconté un réfugié burundais du camp de Meheba, arreté et liberé après avoir donné une somme de 5.000 Kwacha zambien (environ 30$) en guise de « demande de pardon ».
Tous les magasins appartenant aux étrangers étaient fermés durant tout le week-end.
« Nous nous sommes terrés chez nous pour échapper à cette fouille. En tout cas, c’est une perte énorme et nous ne sommes pas sûrs que cela ne va pas se reproduire dans les jours à venir », explique un Burundais qui habite Lusaka.
Une source policière a expliqué que la police veut traquer des « irréguliers qui causent le désordre dans la ville ».
D’après plusieurs sources, plus de 200 personnes ont été interpellées. Elles sont détenues dans des cachots de la police. Parmi les interpellés figurent des réfugiés burundais qui travaillent à Lusaka, ce qui inquiète les réfugiés du camp de Meheba.
« Rien n’empêche que demain ils puissent venir ici au camp, croyant qu’il y a aussi des sans papiers», s’inquiètent des réfugiés.
Les Zambiens sont pour la plupart opposés à l’accueil des étrangers, surtout issus des pays de la sous-région.
« Les Zambiens ont une haine contre les étrangers qui font des affaires ici. Et d’ailleurs ce sont eux qui guidaient la police pour lui montrer les magasins des étrangers », expliquent des Burundais à Lusaka qui demandent au nouveau gouvernement d’assurer la sécurité de tout le monde.
Plus 20 mille étrangers dont des réfugiés burundais exerceraient des activités génératrices de revenus à Lusaka.
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Photo : des hommes interpellés à Lusaka rassemblés dans un même endroit par la police
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