Ruyigi : des militants des partis d’opposition contraints d’adhérer au CNDD-FDD pour préserver leur emploi
Dans la commune de Nyabitsinda en province de Ruyigi (est du Burundi), des membres des partis d’opposition disent qu’ils sont obligés d’adhérer au parti présidentiel,le CNDD-FDD pour préserver des avantages de service ou ne pas subir des mutations. Ceux qui ont témoigné sont du secteur de la santé et de l’éducation nationale. L’administrateur communal de Nyabitsinda nie ces allégations. (SOS Médias Burundi)
Selon des militants du CNL, la grande formation politique d’opposition au Burundi, un ordre a été donné : « aucun membre d’un parti politique d’opposition plus particulièrement du CNL ne recevra de service administratif dans cette commune Nyabitsinda ».
« Je suis enseignante depuis 15 ans et je suis membre du CNL depuis sa création (trois ans). On m’a ordonnée d’entrer au CNDD-FDD où alors je serais mutée dans une autre province loin de chez moi. J’ai dû adhérer au parti présidentiel malgré que je ne le voulais pas. C’est par peur d’aller travailler loin de chez moi comme mes autres collègues enseignants que j’ai accepté l’offre . On ne nous donne pas le choix », explique cette enseignante avant d’ajouter qu’un collègue qui a résisté a été muté dans la province de Bubanza (ouest du Burundi) pour servir d’exemple.
Dans le secteur de la santé, la plupart des professionnels de la santé et les syndicalistes sont également obligés d’entrer de force au CNDD-FDD.
« Je suis membre d’un club et parmi les représentants du syndicat national du personnel de la santé . Mon titulaire m’a ordonné d’adhérer au parti CNDD-FDD me disant que c’est un ordre venu d’en haut. J’ai refusé mais des représailles n’ont pas tardé. On m’a muté dans une autre centre de santé dans la province de Rutana (sud-est du Burundi) », a fait savoir Pierre*, un infirmier d’un centre de santé local.
Contacté à ce propos, l’administrateur de Nyabitsinda nie ces accusations.
« Il s’agit de montages des membres du CNL jaloux de voir que le CNDD-FDD rafle leurs membres.
L’administration ne force personne à entrer dans le parti au pouvoir », a t-il insisté.
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Photo : une place publique au chef-lieu de la province de Ruyigi
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