Nyarugusu (Tanzanie) : au moins 25 réfugiés en détention
Des réfugiés burundais et congolais du camp de Nyarugusu, en Tanzanie ont été arrêtés la semaine dernière alors qu’ils revenaient de l’extérieur du camp. Ils sont accusés de sortie non autorisée. Les autorités tanzaniennes appellent les réfugiés burundais à éviter de commettre des crimes, le seul moyen de ne pas les pousser au retour forcé. (SOS Médias Burundi)
Les réfugiés en détention sont composés de 10 Burundais et 15 Congolais. Ils ont été interpellés à des moments différents la semaine dernière.
« Tous ont été appréhendés dans le village de Nyarugusu, juste à l’entrée du camp. Un pick-up de la police et des agents de renseignements les attendaient chaque fois le soir quand ils revenaient de l’extérieur. On compte entre 25 et 30 le nombre de personnes qui sont en détention dans les cachots de la police pour cet effet», témoignent des Burundais.
D’après ces derniers, les détenus étaient partis à l’extérieur du camp de Nyarugusu soit pour chercher du bois de chauffage, faire des travaux journaliers dans les champs des Tanzaniens pour gagner de l’argent ou encore pour récolter leurs moissons.
« Pour sortir de ces cachots, ils doivent payer une amende d’au moins 30 mille shillings tanzaniens ou même plus, chacun. Nous pensons que c’est une forme de corruption car ils ne reçoivent pas de reçu d’élargissement mais plutôt l’argent est envoyé sur un numéro de téléphone », disent des Burundais tout en demandant à la Tanzanie de cesser ce qu’ils considèrent comme « manœuvres dilatoires d’intimidation ».
Officiellement, ces interpellés sont poursuivis pour une sortie non autorisée du camp.
« Mais au cachot, ceux qui ont la chance d’être libérés disent que les policiers les somment de rentrer et de participer à la campagne de sensibilisation au rapatriement volontaire », apprend-on de sources dignes de foi.
Récemment, dans un point de presse, le responsable administratif en charge des réfugiés dans la région de Kigoma (nord-ouest de la Tanzanie) où sont basés les deux camps de réfugiés burundais à savoir Nduta et Nyarugusu a énuméré plusieurs crimes et délits reprochés aux réfugiés burundais allant du vol à main armée à la sortie non autorisée en passant par la destruction de l’environnement, l’abattage des animaux sauvages et la mauvaise cohabitation avec la communauté d’accueil.
Pour Hashimu Igwe, ce sont ces raisons qui poussent la Tanzanie à « forcer les réfugiés burundais au retour volontaire ». Il leur a demandé de bien se comporter afin qu’ils puissent vivre paisiblement dans les camps du moment qu’ils disent que « leur sécurité n’est pas encore assurée au Burundi ».
Le camp de Nyarugusu qui abrite plus 120 mille réfugiés dont plus de 50 mille Burundais (le reste étant des Congolais), est connu pour son opposition au programme de rapatriement volontaire des réfugiés burundais, enregistrant moins de départs vers le Burundi par rapport à Nduta, un autre camp de réfugiés burundais en Tanzanie.
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Photo : une pancarte indiquant le camp de Nyarugusu en Tanzanie
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