Burundi : l’armée en mission secrète de dissimulation en RDC (rapport)

Burundi : l’armée en mission secrète de dissimulation en RDC (rapport)

L’alerte est lancée par l’IDHB (Initiative pour les droits humains au Burundi) dans son rapport de juillet. Le rapport parle de centaines de militaires burundais accompagnés par des Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD) qui vont en RDC avec mission de combattre les rebelles burundais de Red-Tabara, un mouvement rebelle considéré par les autorités burundaises comme « un groupe terroriste ». L’IDHB alerte l’opinion internationale sur un risque de dérive sur une forme de gouvernance plus militariste et répressive, se basant sur le fait que le secrétaire général du CNDD-FDD passe ces derniers jours à faire de discours intransigeants et incendiaires destinés à assurer la domination du parti présidentiel à long terme. (SOS Médias Burundi)

Selon l’IDHB, de centaines de militaires burundais et des Imbonerakure partent dans la nuit vers la RDC. Là, ils collaborent avec des membres de groupes armés congolais avec qui ils ont formé des alliances.

« Leur principale cible est le groupe d’opposition armé burundais Red-Tabara, qui a lancé des attaques sporadiques au Burundi ces dernières années », précise le rapport sorti ce mercredi.

Il parle d' »une opération de dissimulation avec la mission secrète du Burundi au Congo » en la plaçant dans le contexte d’une tendance de militarisation croissante au Burundi.

« Un silence officiel entoure l’opération militaire. Des militaires et des Imbonerakure traversent la frontière de manière clandestine, généralement la nuit, et ont été avertis de ne pas parler de leur mission », détaille le document.

Mal préparée

Selon l’IDHB, l’opération a déjà fait des victimes dans les rangs de l’armée burundaise et des Imbonerakure.

« L’opération a été douloureusement mal préparée. Certains Imbonerakure ont reçu très peu d’informations à l’avance. De nombreux Imbonerakure et militaires burundais ont été tués ou blessés dans les combats. Des militaires burundais, des Imbonerakure et des membres de groupes armés congolais avec lesquels ils ont formé des alliances auraient commis de graves exactions contre des civils congolais », lit-on dans le rapport.

Envie du CNDD-FDD

L’IDHB alerte l’opinion internationale que le CNDD-FDD se prépare à la domination à long terme au Burundi.

« En parallèle à cette opération, Révérien Ndikuriyo, le secrétaire général du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, a fait une tournée du Burundi et a mobilisé les Imbonerakure dans des discours intransigeants et incendiaires, destinés à assurer la domination du CNDD-FDD à long terme à travers le pays. De nombreux Imbonerakure ont participé à des formations sur le « patriotisme ». La combinaison de ces développements devrait inquiéter les acteurs internationaux, car elle pourrait signaler une dérive vers une forme de gouvernance plus militariste et répressive avant les prochaines élections au Burundi en 2025 et 2027″, affirme l’organisation.

Depuis décembre 2021, SOS Médias Burundi a reçu des informations sur la présence des militaires burundais et membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD sur le territoire congolais. Les habitants des localités où ils sont signalés dans la province du Sud-Kivu (Est de la RDC), la société civile locale, les familles des Imbonerakure et des militaires témoignant sous couvert d’anonymat ont toujours confirmé cette présence.

Un député a saisi le secrétaire général de l’ONU sur cette affaire, en vain.

Alain Tribert Mutabazi, ministre en charge de la défense a parlé ce mardi de « rumeurs propagées par des personnes ayant d’autres visées », insistant que « l’armée burundaise déploie ses hommes dans le cadre des accords bien connus ».

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Photo d’illustration : des militaires burundais rentrant d’une mission à l’étranger

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