Bubanza : neuf bars fermés pour non respect des prix officiels

Bubanza : neuf bars fermés pour non respect des prix officiels

Tous les neuf bars ont été fermés dans la commune de Gihanga en province de Bubanza (ouest du Burundi). Les propriétaires ont chacun payé une amende de 50 mille francs burundais. Mais dans cette province, les habitants dénoncent le monopole de la commercialisation du ciment et du sucre par les membres influents du CNDD-FDD, le parti au pouvoir. (SOS Médias Burundi)

La décision a été prise et annoncée par le bureau du gouverneur de Bubanza qui accuse des commerçants de ne pas respecter les prix du gouvernement.

« Nous avons décidé de mettre fin à ces spéculations. Celui qui ne veut pas se conformer à la loi doit cesser ce commerce. Les prix officiels fixés par le gouvernement doivent être respectés par tous », a indiqué un conseiller du gouverneur.

Il annonce que neuf bars situés en commune de Gihanga ont été fermés pour la même cause , fin juillet dernier. Chaque propriétaire a dû payer une amende de 50 mille francs burundais.

Juvénal Havyarimana, responsable d’un hôtel de la localité, lui a payé 250 mille francs pour la même reproche.

Des sources locales avouent que les bars et hôtels vendaient les boissons de la Brarudi (Brasseries et Limonaderies du Burundi, ) à des prix supérieurs à ceux fixés par le gouvernement.

Du ciment et du sucre

Des commerçants dénoncent un monopole de vente du ciment par le secrétaire du CNDD-FDD dans la provoque.

« Alexandre Ngoragoze use de son pouvoir ici pour faire seul le commerce du ciment.Tous les autres commerçants de ce produit, nous avons été écartés. C’est dommage ce qui se passe ici. Et on nous dit qu’il faut travailler pour le développement du pays. Comment ça ? », regrettent des commerçants joints par SOS Médias Burundi.

L’administrateur de Bubanza a menacé de retirer toute la quantité à tout détaillant qui vendra un sac de ciment produit locament, à un prix supérieur à celui fixé par le gouvernement.

Et quant au sucre qui est produit localement aussi mais dont la pénurie vient de durer plus d’une année, son prix est passé de 2500 à 8000 francs burundais, et se vend en cachette.

Trois membres influents du CNDD-FDD dont son secrétaire provincial ont le privilège de distribution de ce produit plus que précieux dans la petite nation de l’Afrique de l’est.

« Ces derniers jours pour calmer les responsables de l’administration, le bureau du gouverneur reçoit 2 sacs, le tribunal de grande instance 2 sacs. La même quantité est attribuée au parquet de Bubanza et aux directions provinciale et communale de l’enseignement. C’est honteux. Pourquoi distribuer une telle quantité à quelques autorités provinciales au moment où la population n’a pas accès au sucre? c’est une forme de corruption. C’est comme si la population se résumait à ces autorités là », se plaignent des habitants qui demandent au gouverneur de faire respecter le prix du sucre.

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Photo : la province de Bubanza

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