Mahama (Rwanda) : des cartes de crédit renouvelées même si elles sont décriées

Mahama (Rwanda) : des cartes de crédit renouvelées même si elles sont décriées

Au camp de Mahama au Rwanda, une grande partie d’assistance est donnée en monnaie Cash. Alors que le HCR et les banques partenaires procèdent au remplacement des cartes de crédit qui expirent fin septembre 2022, les réfugiés se plaignent toujours contre ce système d’assistance. (SOS Médias Burundi)

L’activité est chapeautée par le HCR, le PAM et Equity Bank qui est une institution financière qui a gagné le marché de distribution d’assistance en monnaie Cash aux réfugiés burundais et congolais du camp de Mahama situé plus à l’Est du Rwanda.

Les cartes qui doivent être remplacées sont celles qui expirent avec la fin du mois de septembre 2022, d’après un communiqué du HCR.

« Les cartes perdues, celles endommagées et de nouvelles demandes sont aussi concernées », ajoute le communiqué qui précise que seul le chef de famille est recommandé d’accomplir cette activité.

Pour bien mener la tâche, le HCR a subdivisé les réfugiés selon la taille des ménages, les plus âgés, les enfants non accompagnés et les personnes vivant avec handicap, étant favorisés à être servis avant les autres.

Depuis le début de cette année, les réfugiés essentiellement des Burundais du camp de Mahama sont catégorisés en deux groupes sociaux: I et II.

Le premier groupe reçoit une aide de 3500 francs rwandais par tête et par mois. Les membres du second eux , touchent le double pour la même période.

Grogne…

Ce classement qui détermine le montant à percevoir comme assistance en monnaie Cash est dénoncé par une partie des concernés qui demandent au HCR et au gouvernement rwandais de revenir sur la décision.

D’abord, les réfugiés indiquent ne pas comprendre comment ils ont été classés en deux groupes différents alors qu’ils ont tous le même statut de réfugié, qui est un dénominateur commun.

“Tout le monde est vulnérable ici. Nous sommes tous des réfugiés. Nous ne mangeons qu’après avoir reçu l’aide humanitaire du HCR. Nous vivons tous ensemble sous des maisons et tentes construites par l’ONU. Alors, nous devrions être traités de la même manière ”, expliquent-ils.

Le HCR l’explique autrement

“Il y a des personnes handicapées, des infirmes, des veuves, des enfants non accompagnés, des personnes âgées et bien d’autres. Ceux-là ne peuvent faire aucune autre activité rémunérée, alors qu’il y en a d’autres qui tiennent le commerce, ou travaillent dans les domaines de la santé ou l’éducation. Vous comprenez qu’il y a une petite différence entre ces deux catégories et nous voulons donner plus de chance à ces démunis- vulnérables réfugiés”, ont expliqué des agents du HCR dans des séances de sensibilisations pour ce nouveau système d’assistance.

“Et puis, même ici au Rwanda, tous les citoyens sont classés dans des catégories sociales pour pouvoir bénéficier de l’assistance sanitaire ou toute autre aide”, ajoutent-ils.

Avec cette catégorisation sociale, la grande majorité de réfugiés reçoivent chaque mois une somme de 3500 francs rwandais (soit 3.5 $) par individu et le reste touche 7000 francs rwandais (soit 7$). Le premier groupe étant considéré comme des “démunis” et le second comme des “vulnérables démunis”.

La somme offerte doit couvrir tous les besoins car les approvisionnements en vivres sauf pour un gaz combustible qui a remplacé le bois de chauffage, ont été suspendus.

Mahama contient pour le moment plus de 39 mille réfugiés burundais et quelques Congolais de la communauté Banyamulenge.

Le Rwanda abrite en tout plus de 48.300 réfugiés burundais.

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Photo d´archives : vue partielle du camp des réfugiés de Mahama

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