Dzaleka (Malawi) recensement général des réfugiés

Dzaleka (Malawi) recensement général des réfugiés

Le HCR et le gouvernement du Malawi effectuent un recensement général de tous les réfugiés qui vivent dans le camp de Dzaleka. Les responsables du HCR expliquent vouloir mettre à jour les données des réfugiés en plus d’une délocalisation du camp prévue début 2023. Les réfugiés quant à eux souhaitent voir leurs conditions de vie améliorées, mais les Burundais craignent un plan déguisé visant leur rapatriement forcé. (SOS Médias Burundi)

Selon le HCR, les données disponibles montrent que les réfugiés hébergés dans le camp sont au nombre 51 mille, mais qu’elles sont vieilles de plus de dix ans.

« D’abord on veut actualiser les photos des réfugiés, retirer les morts et ajouter des naissances. Un tel exercice ne se faisait que pour des nouveaux arrivants mais on a jugé bon de faire des actualisations, les traits physiques des personnes changeant chaque année aussi », expliquent des responsables du HCR.

En plus, le gouvernement du Malawi compte également délocaliser ce camp vers un autre lieu « plus large et aéré ».

«[…], alors, l’on doit connaître à l’avance le nombre exact de ceux qui doivent être transférés vers Lowani, le prochain lieu d’accueil qui est déjà bien équipé. Une question de programmation logistique aussi, car certains réfugiés sont déjà partis dans d’autres pays principalement l’Afrique du sud », indiquent nos sources.

Réactions des réfugiés

Des réfugiés qui se sont confiés à SOS Médias Burundi considèrent que l’actualisation des données est d’une importance capitale.

« […], ils verront aussi que les proportions des besoins et des bénéficiaires ne sont plus les mêmes. Ils pourront par exemple augmenter la ration, pourquoi pas. Et puis, ces données serviront de base pour la construction d’écoles et centres de santé au nouveau site de Lowani », optimisent-ils.

Mais pour d’autres, derrière ce recensement se cache un souhait de rapatriement volontaire déguisé.

« On a entendu dire qu’ils pourront identifier des réfugiés qui proviennent des pays jugés stables dont le Burundi. Alors, des inquiétudes ne manquent pas quant à notre rapatriement. Nous demandons qu’après ce recensement ils puissent nous donner des cartes d’identité pour sortir du camp aisément et ouvrir des comptes bancaires », indiquent d’autres réfugiés burundais.

Crainte

Certains réfugiés craignent que le recensement vise à les forcer au rapatriement.

« Quand je me suis rendu au centre de recensement avec ma famille de 7 membres, on nous a demandé la même histoire, le même récit que j’ai raconté en 2015 quand j’ai fui le Burundi : pourquoi j’ai fui, par quel moyen, quand, d’où je viens, mes affiliations politiques, mes antécédents,… Et donc c’est comme si je devais redemander asile. Alors, nous avons peur que si jamais les récits ne corroborent pas, le statut de réfugié peut nous être retiré », explique un autre Burundais, père de famille qui craint d’être rapatrié par force.

Le HCR et le gouvernement du Malawi tranquillisent les réfugiés que « le recensement ne vise que leur bien ».

Le camp de Dzaleka a été instauré par le HCR en 1994 au sein d’une ancienne prison politique. Originairement pensé pour n’accueillir qu’au moins 10 mille personnes, il compte actuellement plus de 51 mille réfugiés principalement en provenance de la RDC, du Burundi, du Rwanda, de la Somalie et du Sud-soudan.

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Photo d’illustration : une pancarte indiquant le camp des réfugiés de Dzaleka

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