Bubanza : trois Imbonerakure refusent de comparaître devant un OPJ

Bubanza : trois Imbonerakure refusent de comparaître devant un OPJ

Trois élève de l’école technique de Bubanza (ETB), membres de la ligue des jeunes « Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD)  » ont refusé de comparaître à la convocation de l’OPJ du commissariat communal de police à Bubanza (ouest du Burundi). C’est dans une affaire de passage à tabac d’un élève. Les parents de la victime ont porté plainte contre ces Imbonerakure qui ont malmené leur fils jusqu’à ce qu’il soit admis à l’hôpital. (SOS Médias Burundi)

Misigaro Yves, de la deuxième électro-mécanique, Sonerimana Salomon de la deuxième informatique de maintenance et Mpawenayo Innocent, de la troisième informatique de maintenance devaient répondre ce jeudi au commissariat pour avoir frappé Fabrice Iteriteka, de la première électricité industrielle.

L’ incident s’est passé la nuit de lundi alors que le jeune Iteriteka était au dortoir , étant malade. Un sac d’un élève aurait été volé.

Les élèves- Imbonerakure impliqués ont des rôles différents au sein de l’établissement: l’un est chargé des dortoirs, l’autre de la sécurité de l’école, le troisième étant responsable de l’entretien de l’école.

« Ils m’ont frappé pendant plus de cinq heures. Ils m’ont jeté de l’ea sur les parties où ils m’ont frappé, sur le dos et sur les fesses. Je ne peux pas m’asseoir », un récit que la victime a donné à ses camarades.

Pour l’empêcher de crier, ils ont bandé sa bouche avec un linge, témoigne son père qui , ce mercredi est venu voir son fils.

« Je vais porter plainte pour que ces élèves soient punis et réparent les dommages, » dit le père de la victime.

La victime se plaint des douleurs. Elle a des traces de violence sur les fesses et sur le dos.

« Ils ont eu l’habitude de frapper les autres élèves sans être punis par les responsables de l’école. On dirait des intouchables », se désolent certains enseignants de cette école à régime d’internat.

« Ces élèves ont même des effets militaires dans les dortoirs, t-shirt et bottines qu’ils brandissent quand ils malmènent les autres élèves », témoignent des enseignants à cette école.

« Tu ne sais pas qui nous sommes », lançaient-ils quand ils s’en prenaient à la victime.

« Sous d’autres cieux, ces élèves seraient déjà renvoyés », se désole un enseignant.

Des responsables de l’école sont au courant de cette situation. Ils veulent étouffer l’affaire, disent nos sources.

Mais des parents de la victime ont décidé de poursuivre cette affaire pour que ces élèves soient punis conformément à la loi, l’application du règlement scolaire en vigueur au Burundi, n’ayant pas été appliqué exceptionnellement pour ces trois élèves. Des Imbonerakure qui font régner la terreur à l’ETB, selon des enseignants écœurés.

Ce jeudi, les trois membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD ont refusé de comparaître devant un OPJ qui les avait convoqués pour les interroger, ont remarqué des sources policières.

Dans plusieurs localités de la petite nation de l’Afrique de l’est, les jeunes affiliés au parti au pouvoir, le CNDD-FDD continuent de se substituer à la police et à la justice malgré des sanctions contre les coupables depuis l’arrivée du président Neva au pouvoir.

Certains analystes estiment qu’ils continuent de bénéficier de l’impunité comme du temps de feu président Pierre Nkurunziza, ce qui leur a valu d’être qualifiés par les Nations-Unies de « milice ».

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Photo : l’immeuble abritant les bureaux de la province de Bubanza

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