Photo de la semaine : l’EAC préfère les leaders communautaires au M23 dans le dialogue

Photo de la semaine : l’EAC préfère les leaders communautaires au M23 dans le dialogue

Le président burundais, en sa qualité de président en exercice de l’EAC (Communauté Est-Africaine) a reçu vendredi dernier l’ancien président du Kenya Uhuru Kenyatta pour parler de solutions envisageables pour mettre fin à la crise qui prévaut dans l’est du Congo. Ils ont indiqué que les prochains pourparlers se dérouleront dans la capitale kényane Nairobi à partir du 16 novembre. Le M23, une ancienne rébellion Tutsi qui a repris les armes fin 2021 reprochant à Kinshasa de n’avoir pas respecté ses engagements sur la réinsertion de ses combattants n’est pas inclu. Des leaders communautaires et chefs coutumiers lui sont préférés. (SOS Médias Burundi)

Les deux hommes ont passé plusieurs heures ensemble dans l’après-midi de ce jeudi dans le bureau du président Neva dans la capitale économique Bujumbura. À la sortie, ils se sont adressés à la presse, en Swahili seulement.

Le président burundais qui a récemment reçu le bâton de commandement de la présidence tournante de l’EAC des mains de son hôte, a affirmé que plusieurs groupes armés ont déjà déposé les armes afin de rejoindre les négociations de Nairobi. Il a donné l’exemple de mouvements rebelles du Sud-Kivu (Est de la RDC) où son pays dispose de deux contingents dans un cadre bilatéral et sous le commandement de l’EAC.

« Nous avons observé dans le Sud-Kivu qui est proche de chez nous et remarqué que plusieurs groupes armés ont déposé les armes et disent vouloir rejoindre le dialogue de Nairobi. Les Maï Maï ont déposé les armes, Gumino a déposé les armes », a-t-il dit.

Selon M. Ndayishimiye, le M23 n’est pas concerné par les pourparlers de Nairobi mais par le processus de Luanda (Angola).

« Au sein de l’EAC, nous nous occupons des accords entre le gouvernement congolais et les groupes armés locaux. Le M23 est concerné par le processus de Luanda. On a vu qu’il faut convier aux pourparlers de Nairobi les chefs coutumiers et les leaders communautaires car la plupart de groupes armés donnent comme prétexte qu’ils ont pris les armes pour défendre leur communauté » a ajouté le président Neva.

Pour le facilitateur Kenyatta, les Congolais doivent s’inspirer du modèle burundais.

« Nos frères Congolais doivent comprendre que la guerre et les armes ne constituent pas de solution. La solution vient des négociations et du dialogue entre les gens », a déclaré Uhuru Kenyatta.

Et de ne pas cacher son assurance « J’ai confiance que nos frères Congolais aussi pourront retrouver la paix et le développement en s’inspirant du modèle burundais au lieu du deuil et des tueries perpétuels ».

Fidèle Sebahizi, un des spécialistes des questions du Congo qui fait son Phd à Liberty Univesity en Virginie estime que les intervenants dans la crise congolaise se trompent beaucoup en excluant le M23 des négociations.

« […], certes le gouvernement congolais reproche au M23 beaucoup de maux. Au lieu d’accuser le Rwanda de soutenir ce mouvement, il devrait plutôt le considérer dans les négociations car il reste le seul à gagner du terrain. Le gouvernement congolais doit les écouter car le M23 est constitué de citoyens congolais. Les autorités congolaises doivent écouter leurs revendications au lieu de les stigmatiser. Même si on les chassait aujourd’hui, ils reviendraient comme on l’a vu après 2013 car ce sont des Congolais. Ils n’ont nulle part où aller, ils n’ont pas d’autre pays-c’est le Congo », a indiqué Sebahizi.

____________________

Photo : le président Neva et l’ancien président du Kenya Uhuru Kenyatta au palais présidentiel de Bujumbura, le 5 novembre 2022 ,crédit photo : présidence du Burundi

Previous Rwanda-RDC : un avion de chasse congolais a violé l'espace aérien du Rwanda (communiqué)
Next Kigali (Rwanda) : renouvellement des cartes d’identité pour réfugié et accueil de nouvelles demandes d’asile