Photo de la semaine : pénurie d’essence à Bujumbura

Photo de la semaine : pénurie d’essence à Bujumbura

La capitale économique du Burundi tourne au ralenti depuis plus d’un mois. Bujumbura subit la pénurie d’essence. Une situation récurrente. (SOS Médias Burundi)

La Regideso (Société étatique de distribution de l’eau et de l’électricité) qui importe les produits pétroliers depuis peu, a beau enchaîner les communiqués et les visites sur terrain pour rassurer qu’il n’y aura pas de pénurie, des véhicules et motos font la queue chaque jour devant les stations – service quasi-sèches.

« Nous avons passé toute la semaine dernière sans travailler », s’insurge un chauffeur de bus.

Tout le monde se précipite pour acheter beaucoup de quantités de carburant, créant ainsi une pénurie.

D’après la Regideso « il y a suffisamment de carburant mais les habitants ont peur ».

Un conducteur rencontré dans une station-service dit avoir attendu 9 heures pour faire le plein. Il a un message pour les autorités : « Moi je leur demande deux choses : il faut beaucoup communiquer. Il faut passer beaucoup d’informations. En plus, mettez la pression sur les gérants des stations. Quand vous voyez qu’une station est fermée, venez vérifier, parce qu’il y a des responsables de stations qui sont de mauvaise foi ».

Dans les quartiers périphériques, la situation reste tendue. Kanyosha au sud de Bujumbura subit une pénurie d’essence. Les consommateurs sont obligés de se tourner vers le marché noir où le litre s’achète jusqu’à neuf mille francs burundais au lieu de 34.00 francs. Le centre de la ville commerciale n’est pas aussi épargné.

Sur les points de distribution de produits pétroliers, c’est toujours la même phrase qu’il faut répéter aux clients : « il n’y a pas d’essence. On n’a que du mazout », lance Jean Pierre, gérant d’une station-service dans le nord de Bujumbura.

La pénurie d’essence continue d’impacter négativement les activités économiques depuis plusieurs jours. Plusieurs citadins disent éprouver de difficultés pour se rendre à leur lieu de travail.

La circulation est fluide, difficile d’avoir un taxi pour se déplacer, le peu de taxis qui circulent proposent un prix très élevé.

Arsène a quitté Ngagara au nord de Bujumbura pour Rohero un quartier du centre -ville ce mercredi 8 décembre, il raconte ses difficultés.

« La traversée est compliquée vu qu’actuellement pour sortir sa voiture du garage est un problème. Et côté prix du transport, c’est encore plus dur. Avec ce problème de carburant, les chauffeurs de taxi ont augmenté le prix. Moi, j’ai fait deux escales ce matin avant d’arriver à mon bureau » , explique-t-il.

Le problème de diesel ne se pose pas contrairement à l’essence, se réjouit Vital qui a une voiture qui consomme le gasoil.

« J’invite le gouvernement à faire quelque chose car cette crise a causé assez de problèmes et de conséquences sur les activités économiques », souligne-t-il.

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Notre photo : plusieurs véhicules sur une station-service en attente d’être servis dans la ville commerciale Bujumbura, décembre 2022

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