Chronique : rêves de Baregeya
Des mois sans carburant, des promesses d’en avoir à gogo partout dans le pays font rêver notre Chroniqueur. Il danse mais la peine est venue vite dissiper sa joie.(Par Mahoro/SOS Médias Burundi).
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Où suis-je ? Dans un pays plus pétrolifère que l’Arabie- Saoudite en tout cas. Waouh ! Bienvenu dans le pays où gasoil, essence super, kérosène ou tout autre type de carburant coule à flot.
Où suis-je mon Dieu !
J’avais entendu que je suis dans un pays de lait et de miel, sans jamais les voir ni les avoir, bien-sûr. Mais, maintenant, je suis dans un pays où le carburant coule. Des camions -citernes font la queue sur toutes les routes. J’en vois toutes les compagnies: Interpetrol, BUPP, Yekine Oil Company, « Regideso Oil » etc.
Oh Mon Dieu ! Il y a un homme qui apporte le carburant par avion, par train, par bateau en criant « Gasen petrolium limited Africa group Burundi ça (S.A), par des oléoducs et sans devises. Des acclamations fusent de partout. Mais…sa voix m’est familière dans des déclarations dignes d’un diable plus virulent que Lucifer. Quel virage ! C’est un ange malgré sa laideur ! Mais, il ne sait pas lire S.A, il dit ça.
Carburant ! Carburant ! Carburant….finalement ce sont les dignitaires (« les intouchables) déchus qui bloquaient tout ! Eh oui. Un président « que dieu a élu » affirme qu’il est avec « Dieu » et que toute la pluie se transformera en carburant, parce que le pays s’est débarrassé de l’« oiseau de mauvaise augure », l’oiseau gourmand selon ce « pasteur ».
Même la Régie de distribution de l’eau et de l’électricité a transformé son eau en carburant. Je puise l’essence dans n’importe quel robinet. Bienvenu au paradis. Je vois les dirigeants du monde en manifestation pour soutenir le président burundais qui, comme Moïse a frappé l’« oisillon » avec son bateau de commandement et le lac de carburant s’est formé dans mon paradis de pays.

Plus fort que Moïse qui a frappé un rocher pour avoir juste de l’eau. Tous les grands du monde, dictateurs ou démocrates viennent au Burundi par bateau sur le lac de l’or noir.
Rêve et tais-toi !
Carburant tu dis ? Un adage kirundi dit que « le pauvre rêve de ce dont il a besoin (Umutindi arote ico ababaye) ». Effectivement, j’ai énormément besoin de carburant, comme tout autre Burundais ou ceux qui résident au Burundi. Finalement c’était un rêve.
Mon rêve est fondé du fait que le président Ndayishimiye a déclaré qu’il n’y aura plus de pénurie de carburant. Le président a pris « les choses en main ». Peut-être que « ces choses consument tellement que même l’eau de la Regideso qui amène ces choses, ne peut pas les apaiser ».
La société Interpetrol nous a eu avec ses plus de 150 camions- citernes pour voir ses réserves assoiffées tarir en moins d’un mois.
Ici je ne parle pas du faux-Pasteur Habimana, qui a promis de sauver le Burundi via « son carburant ».
Le richissime « pauvrissime » voyage à pied-en bus. Quelle humilité de cet extrémiste-né ! Il a rêvé comme moi. Heureusement que mon rêve ne donne pas de faux espoirs.
La réalité c’est que le carburant arrive au compte-goutte au Burundi. Même le président nous a menti. A quel Saint se vouer alors ?
Qui vivra verra.
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