Goma : des journalistes arrêtés en pleine couverture d’une manifestation contre les forces de l’EAC
La ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu à l’est de la RDC s’est reveillée sous tension suite une manifestation contre la force de l’EAC, ce mercredi. Des policiers et des militaires ont brutalisé et arrêté des journalistes qui couvraient la manifestation. Des manifestants ont été blessés et embarqués par la police. (SOS Médias Burundi)
Les activités ont tourné au ralenti à travers la ville, ceci fait suite à l’appel d’une marche pacifique organisée par la synergie des mouvements citoyens et des groupes de pression pour exiger le départ de la force de l’EAC qui a créé selon elle, une zone tampon entre les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles du mouvement du 23 mars (M23), au lieu de passer à l’offensive.
Le maire de Goma avait, la veille, interdit cette marche, dans un communiqué publié ce mardi.
L’ autorité municipale a appellé les organisateurs de ladite marche à « se constituer en un groupe de 3 ou 4 personnes pour déposer leur mémorandum à la mairie, au lieu de troubler l’ordre public avec une manifestation ».
Tôt le matin ce mercredi, les forces de l’ordre se sont déployées dans tous les points chauds de la ville pour empêcher et étouffer la marche.
Selon des témoins, les policiers et les manifestants se sont affrontés dans quelques coins de la ville.
Nos sources renseignent que la police et certains éléments de l’armée ont brutalisé, blessé et interpellé des journalistes qui couvraient la manifestation et des militants du mouvement citoyen, Lutte pour le changement (LUCHA).
Deux journalistes dont Freddy Ruvunangiza de la Prunelle.info ont été interpellés par la police quand ils couvraient la manifestation avec d’autres jeunes qui tentaient de faire parvenir au gouverneur leur mémorandum.
« Notre confrère, Freddy Ruvunangiza qui couvrait la manifestation de ce matin à côté des autres journalistes à Goma vient d’être interpellé par des éléments de la police. Brutalisé, giflé par des éléments de la Police, il a été conduit au commissariat de la police à la mairie où il est entendu . Le seul crime de notre confrère est d’avoir couvert cette manifestation. Nous condamnons de vive voix cette entrave à la liberté d’informer », a dénoncé son média.
De son côté, Journaliste en danger (JED), condamne « la brutalité policière envers des journalistes qui ne faisaient que leur travail en couvrant une manifestation ».
« Merveille Kiro (Journaliste chez Blessing FM), Ali Asanka Darius (Correspondant de la VOA (Voix de l’Amérique) et Héritier Munyafura
(Correspondant -AFP), tous journalistes à Goma ont été blessés ce mercredi par la police nationale congolaise, pendant qu’ils étaient en train de couvrir une marche dite pacifique, organisée par les mouvements citoyens. C’est devant l’entrée du bureau du gouverneur que la police a utilisé du gaz lacrymogène pour disperser les manifestants que les trois journalistes ont été poursuivis quand ils échappaient aux tirs puis se sont blessés car poursuivis dans leur fuite par les éléments de la police », écrit JED.
Par contre, la société civile du groupement de Bwitu dans le territoire de Rutshuru alerte sur le renforcement des combattants du M23 dans plusieurs localités de Rutshuru.
Chirac Mafula, président de la société civile locale indique que le M23 ne s’est pas retiré des entités sous son contrôle en territoire de Rutshuru comme initialement prévu à partir du 15 janvier, conformément aux résolutions du mini-sommet de Luanda (Angola).

« Les combattants du M23 ne se sont pas retirés. Ils sont à Kishishe, Bambo, Tongo, aux environs de Kichanga et dans plusieurs agglomérations de la chefferie voisine des Bwisha. Ils n’ont effectué aucun mouvement. Par contre, ils continuent à renforcer leurs positions. Donc, ils sont en train de distraire l’opinion nationale et internationale. On ne sait pas leur objectif et leur mission » a fait savoir le président de la société civile de Bwito.
Pour trouver une solution à la crise qui prévaut dans l’est de la RDC, les chefs d’Etat de la communauté Est-Africaine ont décidé l’envoi d’une force régionale dans cette partie très riche en minerais du vaste pays de l’Afrique centrale.
Des politiciens et activistes l’accusent d’être « complice » et l’appellent à « passer à l’offensive » surtout dans le Nord-Kivu où le M23 contrôle plusieurs localités depuis mi juin 2022.
Ce mardi, en marge du forum économique de Davos, le président congolais Félix Tshisekedi a annoncé que « le M23 n’a pas encore cédé les zones sous son occupation ».
Les autorités congolaises restent persuadées que l’ancienne rébellion Tutsi qui a repris les armes fin 2021, reprochant aux autorités congolaises de n’avoir pas respecté ses engagements sur la réinsertion de ses combattants, est soutenue par le Rwanda , ce que le gouvernement rwandais ne cesse de balayer d’un revers de la main.
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Photo : des journalistes et manifestants fuient des policiers dans une rue de Goma, photo DR
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