Burundi : la Russie séduit le Burundi, déjà acquis à sa cause

Burundi : la Russie séduit le Burundi, déjà acquis à sa cause

Ce mardi 30 mai 2023, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov était en visite au Burundi. Dans un point de presse conjoint tenu après une réunion à huis clos, les ministres burudais et russe en charge de la diplomatie, ont insisté sur la souveraineté des pays. La Russie a promis de doubler l’effectif des bourses octroyées aux étudiants de la petite nation de l’Afrique de l’est qui a pris la position de non alignement dans le conflit qui oppose l’Ukraine à la Russie. (SOS Médias Burundi)

Dans un point de presse qui a sanctionné la rencontre entre les deux hommes, Albert Shingiro a indiqué que les deux pays sont déterminés à aller de l’avant en matière de coopération bilatérale.

« Nous avons exploré les voies et moyens de renforcer nos liens de fraternité, de solidarité et de coopération dans des domaines variés. Nous avons aussi passé en revue la dimension régionale dans la gestion des conflits et des paradoxes sur le continent africain mais aussi les enjeux globaux auxquels le monde fait face en ce moment », a déclaré le ministre Shingiro qui a refusé de s’exprimer en langue nationale.

La visite du chef de la diplomatie russe intervient après celle effectuée en Russie par le ministre burundais chargé des affaires étrangères en mars dernier. Albert Shingiro a fait savoir que les relations entre les deux pays sont basées sur les principes de confiance et de respect mutuel.
Et d ‘ajouter que pour la collaboration bilatérale, ils ont passé en revue les progrès tangibles déjà enregistrés mais aussi relevé les défis pour voir comment diversifier davantage les domaines de coopération.

« Ce sont entre autres les domaines de l’éducation, la santé, la justice, la fonction publique, l’usage de l’énergie nucléaire mais à des fins pacifiques », a-t-il précisé.

Sergueï Lavrov a insisté sur la souveraineté des pays.

« Nous avons parlé de la nécessité de respecter la charte de l’ONU, toutes ses clauses dans l’ensemble, surtout la clause qui parle de la souveraineté paritaire des États. C’est un principe qui est souvent piétiné par les États-Unis et leurs alliés », a-t-il accusé.

Et de poursuivre « Nous avons également parlé de la nécessité de réformer le conseil de sécurité de l’ONU, du fait que l’Afrique n’est pas assez représentée dans ce conseil de sécurité, qu’il faut avoir plus de places pour ce que l’on appelle le sud global à savoir les pays de l’Afrique, de l’Amérique latine et de l’Asie ».

Son homologue burudais a abordé dans le même sens.

« J’ai insisté sur le fait que le Burundi, nous avons notre souveraineté et c’est à nous de choisir les partenariats en tenant compte des intérêts vitaux de notre population. Nous avons opté pour une politique étrangère qui s’ouvre au monde. Tous les pays au monde sont nos amis. Donc, il n’y a pas un choix, un pays un ennemi, un pays un ami, nous sommes ouverts à tous les pays du monde », a rappelé le ministre Shingiro.

De son côté, M.Lavrov a promis que son pays va doubler l’effectif des bourses octroyées aux étudiants burundais pour l’année académique 2023-2024 passant de 50 à 100.

Il n’a pas manqué de signaler qu’ils sont en train de préparer des accords de coopération qui seront signés en Russie lors du sommet Russie-Afrique qui aura lieu en juillet cette année.

Le patron de la diplomatie burundaise est revenu sur la position de la petite nation de l’Afrique de l’est dans la crise qui oppose la Russie à l’Ukraine.

« Le Burundi a pris la position de neutralité, de non alignement, pour éviter que ce conflit puisse atteindre d’autres régions et notamment le continent africain ».

« Nous apprécions hautement la position équilibrée, la position responsable du Burundi qui comprend bien les causes profondes de ce conflit », a tenu à souligner le ministre russe de la diplomatie.

« Le Burundi veut satisfaire tout le monde. Par exemple, le président Ndayishimiye a été invité dans un sommet des chefs d’Etat africains avec le président américain Biden. Le président Biden et son gouvernement ont promis plusieurs millions de dollars pour le développement des pays africains, y compris le Burundi. Mais les relations entre les États-Unis et beaucoup de pays ont changé suite à l’agression de la Russie contre l’Ukraine. On ne serait pas surpris si demain les États-Unis retirent le Burundi sur la liste des pays bénéficiaires de cette aide », analyse Athanase Karayenga, expert en communication.

Selon lui, « le Burundi soutient la Russie dans cette guerre de la Russie de Poutine contre l’Ukraine ».

« Sinon, il est inconcevable que les autorités burundaises ne dénoncent pas les enlèvements d’enfants ukrainiens ».

« Il n’y a pas de petites nations en diplomatie, la Russie a toujours été l’alliée du Burundi et la Russie comme les États-Unis ont aidé les pays africains à lutter contre l’impérialisme européen », conclut celui qui a visité Moscou en 1978 dans le cadre d’un partenariat entre les radios nationales des deux pays, en qualité de responsable de la radio nationale du Burundi.

La Russie a toujours montré son soutien aux autorités burundaises, une position qui s’est souvent matérialisée par son opposition à des sanctions contre le Burundi au sein du conseil de sécurité de l’ONU au cours des dernières années.

Pas mal de Burundais, militaires ou civils ont étudié en Russie et parlent bien la langue russe, qui va être enseignée dans un centre récemment ouvert à l’université publique dans la ville commerciale Bujumbura.

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Photo : Sergueï Lavrov et Albert Shingiro en conférence de presse conjointe dans la ville commerciale Bujumbura, le 30 mai 2023

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