Burundi : les musulmans ont célébré la fête du mouton dans la pauvreté
Les musulmans burundais se sont joints au reste du monde pour célébrer la fête du mouton ce mercredi. Même s’ils sont concernés par la hausse généralisée des prix des denrées alimentaires et la pauvreté extrême, leurs représentants les ont appelés à partager avec le reste de la communauté. (SOS Médias Burundi)
La fête du mouton a été célébrée sur tout le territoire burundais avec un accent particulier dans les capitales politique et économique Bujumbura et Gitega ainsi que dans les provinces du nord-est et du sud-ouest où il y a généralement une grande présence de musulmans.
Depuis la ville commerciale Bujumbura, le secrétaire général de la COMIBU (Communauté Islamique du Burundi), Ramazani Murisho a appelé les musulmans à « partager avec le reste de la communauté », ce qu’ils ont pu avoir.
Mais plusieurs familles musulmanes ont dit se retrouver dans une pauvreté extrême et faire face à une cherté de la vie à laquelle s’ajoute la hausse généralisée des prix des denrées alimentaires.
« Ce qui nous pousse à fêter modestement ou tout simplement prier et rentrer à la maison », selon des musulmans qui se sont confiés à SOS Médias Burundi.
Lors de telles fêtes, des indigents se rendent à des mosquées différentes pour demander l’aumône. Mais ils n’ont pas été assistés.
« Voilà mon sachet , il est vide. Les gens te disent qu’ils n’ont plus rien à t’offrir, qu’ils ont tout donné à des personnes qui se sont présentées avant toi. Je vais rentrer mains vides et d’ailleurs je commence à me sentir mal à l’aise. La pauvreté touche tout le monde, c’est la seule explication que je peux donner », a regretté une femme rencontrée sur une mosquée dans la ville commerciale Bujumbura. Elle était habituée à recevoir des vivres et de l’argent lors des fêtes musulmanes.
Mais pour certains autres musulmans dont Simba du quartier populaire Buyenzi à Bujumbura, « seule la paix compte ».
« Nous savons que la majorité de ménages vit dans la pauvreté extrême. Il n’y a même pas de carburant. Nous nous sommes déplacés à pied pour aller prier. Il y a beaucoup de problèmes mais quand on se souvient que nous avons la paix, nous espérons que Dieu nous aidera également à surmonter ça », a-t-il espéré.
Cette année, il n’y a pas eu de bienfaiteurs en provenance des pays arabes pour acheter des bêtes à abattre afin de permettre aux ménages de musulmans les plus démunis de célébrer l’Aïd al- Adha ou la fête du sacrifice.
Entre 2 % et 10 % de la population du Burundi est musulmane.
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Photo : des musulmans lors d’une prière en marge de la fête du mouton dans la capitale politique Gitega, le 28 juin 2023
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