Makamba : assaut des dealers du marché noir sur le carburant rare
Après près d’un mois de carence du carburant de type essence dans les stations services du chef-lieu de la province Makamba (sud du Burundi), une station a été approvisionnée jeudi soir. Toutefois, les revendeurs du produit devenu rare ont été les premiers à être servis. Des policiers sont accusés de complicité dans la distribution désordonnée du carburant qui finit sur le marché noir. (SOS Médias Burundi)
C’est jeudi soir qu’une des stations services se trouvant au chef-lieu de Makamba a été approvisionnée, selon des habitants.
« Seulement, la distribution a été émaillée de plusieurs irrégularités. Dans un premier temps, des vendeurs ambulants de carburant ont été servis. Ils avaient plusieurs bidons. Des policiers leur ont facilité l’achat », disent des témoins.
Ils indiquent que certains dealers payaient aux policiers un montant variant entre 5 et 10 mille francs burundais pour accéder à la pompe.
« Après avoir rempli des bidons ou des réservoirs de motos, ils partaient et revenaient pour un autre tour. C’était un désordre inédit », racontent des témoins.
Il a fallu appeler les responsables de la police et des renseignements dans la province pour rétablir l’ordre.
« Des policiers escortaient des conducteurs de motos revenus pour la énième fois remplir leur réservoir. Il y avait même des policiers qui prenaient des motos des particuliers pour les amener à la pompe. Ils étaient servis en premier lieu », disent des chauffeurs énervés pour n’avoir pas été servis.
Des usagers de produits pétroliers disent que cette situation se répète chaque fois que les stations sont approvisionnées après une période de carence.
D’après des habitants, la vente illégale de carburant est à l’origine du désordre et implique même des policiers connus. Ils citent le nom d’un certain Moïse Arakaza connu sous le sobriquet de Nyeganyega.
« Le commissaire Moïse Arakaza se fait servir 5 bidons au minimum chaque fois qu’une station est alimentée. Le carburant est alors acheminé à Muyange en commune Nyanza-Lac où il habite. Il est revendu à prix voulu au marché noir », accusent-Ils.
La petite nation de l’Afrique de l’est peine toujours à trouver une solution durable à la crise-carburant qui la secoue depuis 18 mois.
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Photo d’illustration : un chauffeur de taxi-moto dans une rue au chef-lieu de la province de Makamba
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