Burundi : manque d’engrais pour la saison culturale A
Dans une réunion avec les gouverneurs de province de ce lundi 17 octobre 2022 dans la capitale politique Gitega, le premier ministre Gervais Ndirakobuca a mis en garde la société Fomi (Fertilisants organo- mineraux) qui, selon lui a toujours menti en communiquant de fausses données liées à sa production. M. Ndirakobuca a recommandé à l’entreprise d’augmenter au moins jusqu’à 70% la production des intrants. (SOS Médias Burundi)
Dans sa deuxième rencontre avec les chefs de provinces, le nouveau chef du gouvernement leur a demandé de ne pas mentir ou exagérer.
« Dites la vérité, n’exagère en rien. Si nous voulons trouver des solutions, l’on doit donner des situations réelles. Aujourd’hui M. Manyange (directeur général adjoint de FOMI ) va encore une fois nous dire qu’ils ont produit 17 tonnes alors qu’ils n’ont même pas 10 tonnes. On va se charger de lui », a indiqué M. Ndirakobuca dans une sorte de préambule sous un ton humoristique.
Prenant la parole, le gouverneur de la province de Bujumbura (ouest du Burundi) Désiré Nsengiyumva a indiqué que sa province réclame à l’entreprise FOMI 342 sacs d’engrais organo -mineraux type Imbura ,1343 sacs type Totahaza ainsi que 93 sacs type Bagara .
Dans la province de Gitega (centre) , ils ont besoin de 2563 tonnes d’engrais organo -mineraux type Imbura , 931 tonnes de type Totahaza et 19 tonnes de type Bagara selon le gouverneur Venant Manirambona.
À Rutana (sud-est),selon le gouverneur Olivier Nibitanga ,ils ont besoin de 748 tonnes de type Imbura ,245 tonnes de type Totahaza ainsi que 35 tonnes de type Bagara.
Dans la province de Bururi (sud) , selon le colonel Léonidas Bandenzamaso, gouverneur de province, ils enregistrent des besoins estimés à 385 tonnes de type Imbura, 95 tonnes de type Totahaza et 94 tonnes de type Bagara.
Selon des participants dans cette réunion, même dans d’autres localités du Burundi, la situation est similaire. Ils craignent une baisse de productions agricoles.
Des commerçants spéculateurs seront considérés comme des voleurs
Le ministre en charge de l’environnement, de l’agriculture et de l’élevage Sanctus Niragira n’a pas mâché les mots. Il dit ne pas comprendre comment les commerçants qui se font passer pour des agriculteurs récupèrent des quantités importantes d’engrais chimiques fabriqués par l’entreprise FOMI afin de les vendre frauduleusement à des prix exorbitants.
« Les spéculateurs sont des voleurs », a-t-il martelé.
Le gouvernement du Burundi injecte des capitaux à l’entreprise FOMI sous forme de subventions jusqu’à 26.000.000.000 de francs burundais.
Le directeur général adjoint de l’entreprise Helmenegilde Manyange dit que « nous avons augmenté le personnel de l’entreprise pour accroître la production ». Il reconnaît néanmoins des faiblesses liées aux équipements ainsi qu’aux matières premières.
Le premier ministre Gervais Ndirakobuca a déploré le fait que l’entreprise a toujours menti.
« Une entreprise qui a toujours communiqué des fausses données liées à sa production », a-t-il insisté.
Il a recommandé à l’entreprise d’augmenter jusqu’au moins à 70 % la production des engrais chimiques pour les provinces de Gitega- Mwaro (centre) , Kirundo (nord) ,Cankuzo (est) et Bururi qui enregistrent les taux les plus bas pour cette saison culturale A, ce que M. Manyange a promis de réaliser à la fin de cette semaine.
Dans certaines provinces les agriculteurs n’ont pas encore reçu les engrais chimiques alors qu’ils ont déjà payé les frais y relatifs depuis plusieurs mois. Ils exigent d’être régularisés.
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Photo d’illustration : micro a la main, le premier ministre Gervais Ndirakobuca lors de la réunion avec les gouverneurs de provinces, le 17 octobre 2022 à Gitega
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