Crise-carburant- Burundi : le gouvernemen a abdiqué face à la crise-carburant ( président du sénat)

Crise-carburant- Burundi : le gouvernemen a abdiqué face à la crise-carburant ( président du sénat)

Le président du sénat a demandé lundi aux ministres en charge du transport et des affaires intérieures de “réautoriser la circulation des motos dans le centre-ville Bujumbura (ville commerciale) pour permettre aux citadins de trouver un moyen de déplacement. Emmanuel Sinzohagera a regretté que « le gouvernement ne communique plus rien sur la crise-carburant et semble avoir abdiqué ». (SOS Médias Burundi)

La ministre en charge du transport Marie Chantal Nijimbere était convoquée ce lundi à la chambre haute du parlement burundais. Le président du sénat n’a pas caché son mécontentement quant à la pénurie persistante du carburant qui vient de durer bientôt 42 moins, la situation s’étant empirée ces derniers mois.

« [….] Aujourd’hui, ils (les transporteurs) augmentent les prix du ticket de transport comme ils le veulent sans qu’il n’y ait aucun contrôle . Et vous, en tant que ministère vous semblez avoir abdiqué, vous n’avez plus de contrôle, le prix du ticket pour les bus à Bujumbura aujourd’hui est fixé à 2500 francs (650 francs officiellement) et les chauffeurs déposent les passagers là où ils veulent sans respecter les parkings, une course en taxi coûte 30 mille. Comme ministère en charge de la réglementation des prix du ticket de transport, vous ne voyez aucune voie de sortie ? Ou bien vous voulez qu’on n’en parle plus! Je sais que vous allez me répondre que cette situation est liée à la pénurie du carburant. Il n’y a aucune solution envisageable pour que les citoyens, nous puissions souffler? » a dit Emmanuel Sinzohagera, très désolé , n’arrivant pas à terminer des phrases de temps en temps.

M. Sinzohagera propose la réautorisation des motos dans le centre-ville de la capitale économique Bujumbura dont les habitants ont choisi la marche comme alternative suite au manque de bus, causé par la pénurie des produits pétroliers.

« Allez en discuter avec vos collègues ministres, celui en charge des affaires intérieures notamment pour qu’ils cherchent les moyens de bord, autorisent les motos à déplacer les gens. C’est comme si vous ne faites rien en tant qu’autorité chargée de la gestion du transport…Il faut qu’il y ait au moins des moyens qui permettent aux gens de se déplacer. La fois passée, j’ai été écœuré d’entendre que des élèves arrivent en retard en salle d’examen suite au manque des moyens de déplacement. Si vous aviez parlé avec le ministre en charge des affaires intérieures, vous auriez pu voir comment les motos puissent déplacer les élèves et trouver une solution pour que les gens se rendent au travail. Mais en tant que ministère, on dirait que vous n’existez plus, vous ne communiquez plus rien sur la crise-carburant, vous semblez avoir abdiqué face à cette crise! Qui répondra à nos questionnements? Comment va évoluer cette situation? » s’est désolé de plus, le président du sénat Emmanuel Sinzohagera.

Beaucoup d’internautes ont salué les propos du président du sénat burundais. D’autres estiment que « ce sont plutôt les vélos qui doivent être autorisés à circuler dans le centre-ville Bujumbura parce que les motos aussi utilisent le carburant introuvable ».

La circulation des motos dans le centre de Bujumbura a été empêchée par l’actuel premier ministre burundais Gervais Ndirakobuca en 2022, alors ministre en charge des affaires intérieures et de la sécurité.

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La semaine dernière, le président de l’Assemblée nationale Daniel Gélase Ndabirabe a menacé de réintroduire la peine de mort pour les perturbateurs de l’économie, accusant certains députés et commerçants de vendre le carburant burundais au Rwanda , créant ainsi sa pénurie.

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Les associations de défense des droits civils et économiques ne cessent d’appeler le chef de l’État dont les services parlent de « progrès énormes à enregistrer dans différents secteurs de la vie nationale » durant ses quatre années au pouvoir, à convoquer une conférence internationale sur la crise actuelle ou une table ronde pour trouver une solution durable à cette situation, en vain.

« Les lettres que nous lui avons adressé sont restées sans réponse », regrette Gabriel Rufyiri, représentant de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques, l’Olucome.

Plusieurs analystes locaux et étrangers s’accordent à dire que c’est la toute première fois que le Burundi traverse une telle crise économique. Mais le président Neva a déclaré le 8 juin dernier en marge de la célébration de la journée dédiée à son prédécesseur Pierre Nkurunziza que « le Burundi n’a jamais été aussi bienheureux ».

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Photo d’illustration : le président du sénat burundais Emmanuel Sinzohagera dans une séance de prières dans une église protestante dans la ville commerciale Bujumbura

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