Bujumbura : extension des zones interdites aux motos, tricycles et vélos

Bujumbura : extension des zones interdites aux motos, tricycles et vélos

La décision a été prise dans une réunion tenue par le ministère de l’intérieur et de la sécurité publique à l’endroit des administratifs de la ville commerciale Bujumbura et des représentants de la police de roulage ce lundi. La police parle de recrudescence des cas d’accidents routiers ainsi que des incidents criminels commis ou facilités par des gens à bord de ces moyens de transport. Avec cette mesure, à côté des particuliers qui ne pourront plus se déplacer comme ils veulent, plus de 240 mille personnes verront leurs conditions de travail se durcir chaque jour, la plupart avec le risque de perdre leur emploi, selon nos estimations. (SOS Médias Burundi)

La police de roulage alerte sur la montée des effectifs des victimes des accidents de la route . À cela s’ajoutent des cas de vol ou d’autres cas de criminalité souvent commis par des individus qui se déplacent à bord de ces engins de transport, selon Athanase Bukeyeneza, chargé de la cellule de prévention des accidents au sein de la police de roulage.

Entre janvier 2021 et janvier 2022, l’officier parle de 130 personnes mortes dans des accidents de roulage, 1970 blessées, le tout lors de 349 accidents qui ont eu lieu durant cette période.

De ces accidents, la police précise qu’il y a déjà 627 vélos et 302 motos confisqués.

La police avait déjà préparé des propositions de solution qui n’attendaient que la bénédiction du ministre Gervais Ndirakobuca. Parmi ces mesures figure l’élargissement des zones interdites aux motos, tricycles et vélos à Bujumbura.

Dans la commune de Mukaza (centre de la capitale économique), aucun de ces engins n’est autorisé d’y circuler. Pour les passagers qui proviennent de la province de Bujumbura (frontalière avec la ville commerciale), la limite a été fixée soit au campus Kiriri, soit aux quartiers de Mugoboka et Sororezo.

Pour le nord , dans la zone de Gihosha, ces engins de transport ne vont pas dépasser soit les bureaux de la zone de Gihosha et le sanctuaire de Mont Sion.

Dans la zone de Kamenge, les limitations se situent à la rivière Gasenyi, à l’endroit dite Iwabo W’Abantu (juste à l’entrée de la ville de Bujumbura en empruntant la RN 1(route nationale numéro 1 ), à la 1ère avenue de Kamenge et à la gare du nord.

Dans la zone de Ngagara, les zones interdites commencent au delà de l’agence de la banque Interbank (au quartier 7), à l’avenue Buconyori, au lycée Saint Gabriel, au parquet de Ntahangwa, à l’endroit appelé Chez Komine , à la Sodeco (Societé de déparchage et de conditionnement du café), à l’Otraco (office du transport en commun) ainsi qu’ à la Camebu (centrale d’achat des médicaments essentiels du Burundi) dans les quartiers 9 et 10 de la zone de Ngagara en commune de Ntahangwa.

Pour ceux qui empruntent la route Bujumbura-Cibitoke (nord-ouest), ils ne vont pas dépasser le lieu appelé Chanic, non loin de l’aéroport international de Bujumbura et se trouvant tout près de la chaussée d’Uvira reliant Bujumbura à la ville d’Uvira (Sud-Kivu ,est de la RDC).

Pour le sud de la capitale économique, toute la zone de Musaga est devenue impraticable pour les motos, tricycles et vélos. Dans la zone vosine de Kanyosha, les passagers peuvent utiliser ces moyens de transport jusqu’à la 12 ème avenue entre Musaga et Kanyosha au moment où ceux en provenance de la province de Bujumbura ne pourront plus dépasser le quartier de Kamesa sur la RN 7 (route nationale numéro 7).

La mesure a été différemment appréciée par les autorités administratives.

L’administrateur de Muha (sud de Bujumbura) a voulu que la mesure s’étende jusqu’à ce qu’aucun tricycle, vélo ou moto ne passe par la RN3 Bujumbura-Rumonge (Sud-ouest).

Le chef de la zone de Cibitoke (nord) a plutôt plaidé pour les transporteurs. « Ils vont se retrouver au chômage. Il fallait limiter les zones interdites »,a-t-il suggéré en vain.

Pour le ministre Gervais Ndirakobuca, aucune exception n’est acceptable. « Seuls les motos de policiers ou des agents du gouvernement sont autorisées à circuler dans les zones concernées ».

Même les journalistes qui se déplacent à moto, à vélo ou à tricycle ont été mis en garde.

Des milliers de ménages affectés

Selon les derniers chiffres des associations de conducteurs de taxi moto, ils seront plus de quatre mille conducteurs de moto du transport rémunéré à être affectés.

Pour les vélos, les récentes statistiques montrent que dans la petite nation de l’Afrique de l’est qui compte plus de 23 mille vélos taxis, entre 100 et 200 mille personnes prennent des vélos dans la seule ville commerciale qui compte plus de 700 mille habitants, chaque jour.

La mesure va entrer en vigueur le 11 mars prochain. Et personne sauf les rares catégories autorisées n’a le droit de garer sa moto, son vélo ou son tricycle dans les zones « rouges ». À plusieurs reprises, les autorités burundaises ont pris de telles mesures dans la capitale économique Bujumbura mais elles sont toujours levées à l’approche des échéances électorales ou quand il s’agit des rassemblements et manifestations organisés par le gouvernement, le parti présidentiel ou encore la société civile proche du pouvoir.

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Photo d’archives : après les taxi-motos, à partir du 11 mars, les taxi-velos et les tricycles ne sont plus autorisés dans la commune de Mukaza

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