Photo de la semaine : le président de l’Assemblée nationale interdit aux députés de dénoncer la crise actuelle et compte réintroduire la peine de mort pour les perturbateurs de l’économie
La chambre basse du parlement burundais a procédé jeudi dernier à l’analyse et l’adoption du projet de loi portant fixation du budget général de l’Etat, exercice 2024-2025. Certains députés ont dénoncé depuis mercredi quand le président de la cour des comptes est allé expliquer les analyses de son bureau, la crise actuelle qui secoue la petite nation de l’Afrique de l’est, surtout la pénurie du carburant, un d’entre eux demandant à ses pairs de ne pas trop discourir « car il y en a qui rentrent à pieds ». Ce jeudi, d’autres « représentants du peuple » sont revenus sur les plaintes de la population et la vie chère qui a atteint son paroxysme au Burundi. Cela n’a pas plu au président de l’Assemblée nationale Daniel Gélase Ndabirabe. Il leur a demandé de « trouver d’autres arguments » tout en menaçant de « couper leurs doigts ». (SOS Médias Burundi)
Selon Daniel Gélase Ndabirabe, les députés qui dénoncent la crise actuelle devraient cesser car les Burundais parviennent encore à trouver de quoi mettre sous la dent.
« Cherchez une autre tournure et d’autres arguments à utiliser car nous sommes tous Burundais. Ne continuez pas à enrichir cette rhétorique selon laquelle les Burundais sont pauvres et plongés dans une misère sans nom. Les Burundais ont à manger mais si vous voulez que chaque citoyen burundais ait un avion, ait un véhicule, cela ne pourra jamais se réaliser. Quand vous vous exprimez ainsi, j’aimerais vous demander: À quoi ressemble un Burundais qui n’est pas pauvre? Et à quoi ressemble un Burundais riche ? Qui est cette personne pauvre ? Comment la qualifiez-vous ? » s’est emporté M.Ndabirabe, connu pour ce défaut.
Mensonge sur la crise-carburant
Au moment où les Burundais sont arrivés au point d’aller s’approvisionner en carburant à la frontière avec le Congo suite à la pénurie du carburant et que le chef de l’État et le premier ministre ont évoqué le manque de devises et les sanctions économiques de 2015-2020 comme les deux causes principales de la crise-carburant qui vient de durer bientôt 42 mois, s’étant accentuée au cours des derniers mois, le président de l’Assemblée nationale affirme qu’il y a des individus qui cachent le carburant chez eux, allant à des quantités énormes.
« Vous êtes souvent revenus sur la crise-carburant, mais je me demande : ces gens qui cachent le carburant dans les maisons où quelqu’un peut être surpris avec 5 mille litres, 3 mille litres de carburant…Pourquoi cette personne agit ainsi?
Et vous dites qu’il n’y a pas de carburant alors que parmi vous il y en a qui le cachent dans les maisons ou vos amis mais vous ne dites rien. Et ils revendent ce carburant à des prix très exorbitants. Et vous faîtes semblant de vous étonner comme le font les colons. Les colons nous imposent des conditions qui nous maintiennent dans la pauvreté et ils viennent se moquer de nous disant que les pays africains ne se développeront jamais alors qu’ils sont en train de nous piller », s’est-il fâché de plus.
Réintroduction de la peine de mort
« […] Ne faites pas comme eux ( les colons). Les gens cachent le carburant pour que le peuple se révolte. Même maintenant allez voir, il y a des camions qui font entrer du carburant. Mais où va ce carburant ? Nous allons demander au gouvernement de réintroduire la peine de mort pour toute personne attrapée en train de voler du carburant car cela revient à appauvrir le pays et la population que vous évoquez. Qu’elle soit tuée sur le champ, peut-être que la situation va s’améliorer un peu », a insisté Daniel Gélase Ndabirabe.
Le Rwanda, éternel bouc-émissaire
Selon Daniel Gélase Ndabirabe, il y a des agents de l’Etat qui s’arrachent les cheveux, passent des nuits blanches entières » pour que le carburant puisse être disponible ». Il regrette qu’il y a des gens qui vendent le carburant » burundais » au Rwanda.
« N’y-a-t-il pas de Burundais qui vont à l’étranger pour dire : ne donnez pas de carburant au Burundi ,le Burundi n’est pas solvable. Pourquoi vous ne le dénoncez pas ? C’est le gouvernement qui donne les devises pour importer le carburant mais certains le stockent pour aller le revendre au Rwanda… », a calomnié le président de l’Assemblée nationale du Burundi.
Couper les doigts
S’adressant à des députés qui ont dénoncé des taxes excessives et la crise actuelle généralisée que traverse la petite nation de l’Afrique de l’est, M.Ndabirabe a souhaité que l’on coupe leurs doigts.
« Que voulez-vous ? N’y-a-t-il pas parmi vous qui vendent en devises ? Ou vos amis ? Mais vous aboyez : il n’y a plus de devises, le pays ne dispose pas de devises ! Comment parvenez-vous à construire ces villas que nous voyons? Ce ne sont pas les devises que vous cachez ? Et vous refusez de faire transiter ces devises par la BRB*. L’on devrait couper ces doigts que vous utilisez pour échanger ces devises alors que le pays devient de plus en plus pauvre et ses habitants », a-t-il déclaré sous un ton très sévère.
Et de conclure sur la même lancée : « Vous criez partout que le pouvoir a échoué. On doit vous dire la vérité maintenant…. Et quand nous les emprisonnons , c’est vous-mêmes qui allez dire que les prisons sont bondées. Certains disent même qu’ils ne donneront jamais leur argent au gouvernement pour qu’il puisse s’en servir. Mais vous ne faites que pleurnicher. Et vous refusez de dénoncer les perturbateurs de l’économie pour que l’on puisse les pendre sur un poteau ».
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Notre photo : Daniel Gélase Ndabirabe, président de l’Assemblée nationale du Burundi qui veut réintroduire la peine de mort pour les perturbateurs de l’économie
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