Cibitoke : près de 180 détenus dans un petit cachot de police
178 personnes sont détenues dans le cachot du commissariat provincial de la police de Cibitoke (nord-ouest du Burundi) qui ne mesure que 8 sur 4 mètres. Ces détenus sont à leur grande majorité poursuivis pour des délits mineurs comme le vol dans les champs et les ménages. Les défenseurs des droits humains déplorent ces conditions carcérales. (SOS Médias Burundi)
Construit par le CICR (Comité international de la Croix-Rouge) , ce cachot a une capacité d’accueil de 25 personnes. Selon différentes sources locales, les personnes qui y sont incarcérées se trouvent dans des conditions de détention épouvantables.
« Les sanitaires manquent cruellement et une seule toilette est utilisée par tout ce monde », signale une source policière.
Les détenus se relaient pour dormir. La plupart d’entre eux dorment à la fois debout et par terre. Les conséquences sont entre autres des maladies comme la malnutrition chez bon nombre de détenus qui ont du mal à avoir de la nourriture suite à leur surnombre.
Comme a pu le constater notre reporter sur place, la surpopulation des détenus est due à de multiples raisons.
Il s’agit du seul cachot dont dispose cette province qui abrite tous les détenus en provenance des six communes de Cibitoke.
Une source policière qualifie la situation de compliquée. Elle indique en outre qu’un bon nombre de délinquants échappant miraculeusement à la vindicte populaire sont amenés sans respecter les procédures légales dans ce cachot.
L’autre raison est non la moindre, d’après un magistrat rencontré sur place, est relative à la lenteur et à la longueur des procédures judiciaires.
Cet homme de loi donne l’exemple de « certains détenus jugés et condamnés qui viennent de passer dans ce cachot entre 3 et 6 mois alors qu’ils devraient être transférés à la prison centrale de Mpimba (ville commerciale) ».
Une telle situation irrite les défenseurs des droits humains. L’un d’eux a clairement signifié que « les conditions d’incarcération doivent respecter le minimum de standards liés à la dignité humaine ».
Il demande au ministère de la Justice de trouver une solution à ce problème qui semble avoir trop perduré, violant de ce fait les droits des prisonniers.
Le procureur du parquet près le tribunal de grande instance de Cibitoke fait savoir que « le manque de véhicule pour assurer le transport des détenus vers Bujumbura est à l’origine de la surpopulation dans ce cachot ».
Il demande aux organisations humanitaires engagées en matière des droits de l’homme et d’autres partenaires intéressés de « leur venir en aide pour assurer le transport des détenus ».
Selon ses dires, il n’est pas rare que des décisions sont prises pour relâcher les détenus pour désengorger ce cachot mais la situation ne change pas.
Le gouverneur de Cibitoke contacté à ce propos, indique qu’il compte organiser des réunions avec les responsables de la justice et de la police pour trouver une issue favorable à ce défi.
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Photo : la province de Cibitoke
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