Burundi : les fonctionnaires contre la retraite forcée à 60 ans

Burundi : les fonctionnaires contre la retraite forcée à 60 ans

Les syndicats des enseignants et du personnel soignant s’insurgent contre la décision d’envoyer les fonctionnaires à la retraite à l’âge de 60 ans. Ils trouvent qu’il s’agit d’un licenciement abusif sans respect des règles administratives. Ils demandent l’annulation de cette décision. (SOS Médias Burundi)

La correspondance de la ministre de la Santé signée ce 29 juin informe les responsables du secteur de la santé que le personnel ayant 60 ans et plus doit partir à la retraite pour limite d’âge le 30 juin de l’année en cours.

Dans une déclaration du 4 juillet dernier, la Fédération nationale des syndicats du secteur de la santé (FNSS) signale que cette décision viole les conventions nationales et internationales qui fixent l’âge de la retraite à 65 ans et exige sa suspension.

La FNSS regrette que le ministère de tutelle précipite la mise en exécution de cette mesure du gouvernement sans explication ni avertissement.

La FNSS demande au gouvernement de surseoir à cette mesure qui ne suit pas la réglementation en la matière.

« Normalement, le départ à la retraite doit être annoncé au moins une année avant, donc le respect de la loi doit être de rigueur », insiste Mélance Hakizimana, le responsable de la fédération.

Il s’indigne de l’annonce sans une lettre individuelle adressée à chaque fonctionnaire concernée. « C’est comme si c’était des voleurs, des malfaiteurs qu’il faut chasser du milieu de travail pour ne pas contaminer les autres », continue ce responsable syndical.

Les enseignants aussi écœurés

Même son de cloche du côté de la Coalition nationale des syndicats des enseignants. « Nous avons environ 2937 enseignants qui vont partir à la retraite. Malheureusement parmi eux, il y en a qui n’avaient pas encore atteint cet âge », s’indigne Emmanuel Mashandari, vice-président de la COSESSONA.

Il s’inquiète des engagements que les fonctionnaires ont pris auprès des institutions financières sans savoir que la situation allait changer.

La Confédération des syndicats du Burundi appelle le gouvernement au respect des textes existants. Le président de la COSYBU, Célestin Nsavyimana, indique que le Comité national de dialogue doit prendre la question en main pour « éviter d’éventuelles répercussions sur la vie des fonctionnaires suite à cette mesure entachée d’irrégularités ».

Une note émanant du bureau du premier ministre Gervais Ndirakobuca affirme que « la décision est irréversible ».

« Même les fonctionnaires qui avaient introduit des demandes de prolongation de carrière bien avant la mesure et dont les requêtes avaient été acceptées, se verront refuser la faveur », a tranché le conseil des ministres.

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Photo d’illustration : des employés de l’Université du Burundi lors d’un défilé en marge de la célébration de la fête de l’Indépendance, le 1er juillet 2021

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