Nakivale (Ouganda) : les réfugiés vont désormais payer une partie de la facture de l’eau consommée
D’ici peu, les réfugiés installés dans le camp de Nakivale en Ouganda devront payer une partie du coût de la facture de l’eau qu’ils auront consommée. La mesure vient du gouvernement ougandais qui a mis en place un projet de construction d’infrastructures pour la distribution d’eau potable dans le camp. Les réfugiés dénoncent une mesure qui durcit les conditions de vie déjà difficiles. Ils demandent au HCR de prendre en main cette question. De son côté, l’organisation onusienne indique avoir conclu un contrat de payer 80% du coût avec le gouvernement ougandais et que les réfugiés devront se charger du reste. (SOS Médias Burundi)
Tout émane du nouveau projet qui réorganise la nouvelle structure de la gestion de l’eau au camp de Nakivale. La mise en place de tanks et de citernes d’eau ainsi que l’installation de nouveaux tuyaux et robinets touchent bientôt à leur fin.
« Les réfugiés devront payer la facture de l’eau comme d’autres citoyens ougandais. Néanmoins, nous avons pris en considération leurs faibles ressources. Ils payeront moins cher par rapport aux autres citoyens », précise le HCR.
D’après l’organisation, un bidon de 20 litres s’achètera à 50 shillings ougandais au lieu de 1500.
« On a discuté avec le gouvernement ougandais qui a confié les travaux à la NWSC (National Water and Sewerage Corporation) », clarifie le HCR.
Pour les réfugiés, c’est inacceptable.
Les réfugiés eux, ne comprennent pas comment ils pourront être en mesure de régler la facture.
«Du jamais vu. Demander à un réfugié, vulnérable, qui attend tout des humanitaires, de payer la facture de l’eau. C’est ajouter du drame au drame », réagissent des réfugiés qui affirment que « nous ne parvenons même pas à satisfaire nos besoins à cause des coupures répétitives de la ration. Plus de 70% des réfugiés ont vue leur assistance réduite. Où trouverons-nous cet argent pour payer la facture ? » s’interrogent-ils.
Les réfugiés désespèrent et craignent d’être contraints de recommencer à utiliser l’eau de la rivière Nakivale.
« C’est de l’eau sale car les vaches y broutent à côté, les gens y font de lingerie du côté des communautés locales. Avec la nouvelle structure, bonjour les maladies des mains sales dans le camp », alertent des réfugiés.
Le HCR ne fléchit pas. Il indique que la même gestion est déjà fonctionnelle dans un autre camp, celui de Rwamwanja dans le district de Kamwenge au sud de l’Ouganda.
« Et cela a porté de bons fruits depuis 2019. Les réfugiés et les communautés locales à l’intérieur et autour de l’installation qui en bénéficient se payent la facture. Nous pensons qu’il sera possible de le faire également à Nakivale », rassure le HCR.
Le camp de Nakivale compte plus de 140 mille réfugiés dont plus de 33 mille Burundais.
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Photo d’illustration : une pancarte indiquant un centre de santé à Nakivale
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