Nyarugusu (Tanzanie) : une centaine de réfugiés burundais forcés au rapatriement

Nyarugusu (Tanzanie) : une centaine de réfugiés burundais forcés au rapatriement

Pour ne s’être pas présentés au recensement pour une nouvelle vérification en 2021, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), a retiré de la liste une centaine de Burundais de ceux qui devraient être assistés. (SOS Médias Burundi)

À l’origine de l’affaire, un recensement de re-vérification a été organisé « à l’improviste » au camp de Nyarugusu en 2021.

« Plusieurs personnes n’étaient pas au camp. Elles étaient dans des villes comme Dar-es-Salaam, Kigoma ou Mwanza pour chercher du travail. D’autres étaient parties faire des études dans différentes universités et d’autres, surtout des filles, se sont mariés avec des Tanzaniens », témoignent des réfugiés.

Mais depuis l’année dernière, la plupart d’entre eux sont revenus au camp, espérant continuer de recevoir l’assistance du HCR.

Mais à leur surprise, ils ont été signifiés qu’ils ne sont plus reconnus comme réfugiés.

« Ce n’est pas compréhensible. Tu peux trouver un mari ou une femme qui n’est pas réfugié alors que ses enfants le sont. Un membre de la famille peut manquer sur la liste alors que ses frères et sœurs s’y trouvent », analysent des réfugiés.

Les concernés ont décidé de faire des réclamations, des doléances qui ont pris plus d’une année. Mais ils se sont heurtés à une fin de non recevoir, comme l’a annoncé le Danish Refugee Council (DRC).

Ainsi, selon DRC, le statut de réfugié invalidé est uniquement réactivé si le concerné s’enregistre pour le « retour volontaire».

« Une cinquantaine d’entre eux ont été rapatriés cette semaine et la semaine dernière car ils n’avaient plus de choix. D’autres attendent de suivre le même chemin car ils ne reçoivent plus d’assistance. S’ils tombent malades, ils ne sont pas soignés. Au camp, ils sont recherchés comme des criminels », regrettent leurs proches qui dénoncent « un plan concocté en connivence avec la Tanzanie et le Burundi ».

« Nous nous inquiétons même pour leur sécurité au camp car il y en a d’autres qui se cachent encore ici. Et une fois arrivés au Burundi, s’il leur arrive quelque chose, le HCR en sera responsable », insistent-ils, en exigeant que cette mesure soit levée sans aucune condition et que le caractère volontaire soit « réellement mis en avant » en cas de rapatriement des réfugiés.

Le camp de Nyarugusu compte plus de 50 mille réfugiés burundais.

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