Nduta (Tanzanie) : manque criant d’enseignants dans le camp
Dans le camp des réfugiés de Nduta en Tanzanie, le secteur de l’éducation souffre énormément. Il s’observe notamment un manque énorme d’enseignants dans ce camp, qui n’a pourtant qu’un seul établissement secondaire. Selon des réfugiés, il manque 25 enseignants alors que plus de 230 enseignants ont été révoqués en 2021. (SOS Médias Burundi)
La carence est considérable. Elle affecte négativement l’enseignement des élèves, surtout qu’il y a même certains cours qui restent sans titulaire sur toute une année.
« Au sein du seul établissement secondaire que nous avons au camp, au moins cinq cours ne sont pas dispensés dans chaque classe. Nous accusons un manque de 25 enseignants. C’est une situation catastrophique mais qui paraît malheureusement normale pour l’administration du camp », fait remarquer un enseignant du camp.
Selon la même source, la cause réelle de cette carence remonte à 2021, où plus de 230 enseignants ont été révoqués, officiellement pour « incompétence ». Mais ce qui se cacherait derrière ces révocations, selon certains observateurs, serait plutôt leur revendication.
« Ce n’est pas vrai, ils n’étaient pas incompétents, car une enquête a montré que plusieurs d’entre eux ont été victimes de leurs revendications salariales ou encore de vouloir créer un syndicat ou du moins un cadre de revendication de leurs doléances. D’autres ont été victimes de leur appartenance politique présumée », explique un observateur qui précise également que certains des enseignants ont quitté le camp dans le cadre du rapatriement volontaire.
Des leaders locaux, des directeurs d’écoles et des représentant des parents ont saisi les humanitaires et l’administration du camp pour trouver une solution à cette carence d’enseignants. Mais, ces derniers disent qu’il n’y a pas de budget à cet effet et que les réfugiés doivent patienter jusqu’à l’an prochain.
« Nous, nous sommes prêts et nous avons donné la proposition de pouvoir chercher des enseignants dans notre communauté pour travailler comme volontaires en attendant que la situation soit débloquée. Ce sont nos enfants et nous serions fiers de les occuper utilement, ce qui témoigne du degré de patriotisme. Mais, l’administration du camp a rejeté cette proposition », déplorent les réfugiés qui estiment par ailleurs qu’il y a d’autres raisons cachées derrière ce refus notamment un plan déguisé de les faire rentrer de force au Burundi.
« Cela fait penser qu’il existe un plan déguisé de contraindre les réfugiés à rentrer de force car des enfants perdent la motivation d’aller à l’école, et eux comme leurs parents, préfèrent rentrer dans l’espoir de faire de bonnes études au pays », estiment-ils tout en affirmant que « cette manœuvre a déjà bien payé car de nombreux Burundais sont rentrés, désespérés, dans ce sens ».
Les réfugiés burundais du camp de Nduta demandent à la Tanzanie, pays hote, et aux humanitaires, d’assurer une prise en charge totale et effective des réfugiés qui n’ont pas encore fait le choix du rapatriement volontaire.
Le camp de Nduta abrite plus de 69.000 Burundais.
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Photo d’illustration : des élèves et écoliers rentrent de l’école au camp de réfugiés burundais de Nduta
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