Dzaleka (Malawi) : le HCR s’implique dans la sécurisation du camp
Des représentants du HCR et du gouvernement du Malawi ont tenu une réunion de pacification au camp de Dzaleka au début de cette semaine. Ils s’inquiètent de l’intensification des actes de criminalité dans ce camp et veulent initier des solutions participatives. (SOS Médias Burundi)
La réunion s’est tenue dans les enceintes du bureau central du HCR situé dans la zone de «Kawale » au camp de Dzaleka et a rassemblé des représentants de différentes communautés qui vivent dans ce camp.
Moult questions ont été évoquées, particulièrement celles en rapport avec la sécurité.
«Nous avons donné comme exemple des Burundais tués dont un leader, des jets de grenades, des vols à mains armées, des personnes étrangères et suspectes qui circulent ici au camp, sans oublier des disparitions forcées qui ont touché plus de 70 jeunes cette année. Et bien d’autres cas qui nous inquiètent», énumèrent des réfugiés qui ont participé à la réunion.
Dans l’entre-temps, des cas d’insécurité ne cessent de se produire. Un motocycliste est tombé dans une embuscade mardi.
«C’était sur le tronçon Kawale II-New Katuza et il est tombé dans un groupe d’hommes armés de machettes. Ces derniers ont dérobé le motard de son engin, le blessant grièvement sur la tête, sur le dos et un doigt de la main gauche lui a été amputé. L’urgence s’impose pour sauver des vies ici », déplorent des leaders communautaires à Dzaleka.
Pour permettre une bonne et effective intégration, le périmètre du camp comprend aussi des villages de nationaux. Ce qui, pourtant, pose des problèmes, selon les réfugiés.
«Quand il y a un accrochage ou des infractions commises entre les réfugiés et les communautés d’accueil, c’est nous qui sommes toujours fautifs aux yeux des autorités, qui tranchent sans même faire des enquêtes, ce qui nous victimise encore », ajoutent-ils.
Ils n’ont pas oublié d’évoquer d’autres domaines qui rendent leurs conditions de vie précaires, comme le manque criant d’eau potable ou de médicaments dans les centres de santé, alors que, comme ils le soulignent, leurs voisins nationaux ne sont pas confrontés à ces défis.
Les officiels du HCR et du gouvernement malawite ont indiqué qu’ils s’y sont rendus pour recueillir des doléances et des avis pour enfin statuer sur ces cas.
«Ne vous inquiétez pas, on va trouver des solutions ensemble et vous devez participer dans l’élaboration du programme d’amélioration des conditions de vie sécuritaire et sociale ici. Et nous vous promettons que l’an 2024 commencera avec de nouvelles mesures », ont-ils annoncé.
Pendant ce temps, des rondes nocturnes qui avaient été instaurées par les réfugiés ne se font plus régulièrement, car, disent-ils, « nous craignons de nous faire tuer par des bandits armés car nous circulons les mains vides ».
Parmi les solutions envisagées, il y a la relocalisation du camp vers un autre lieu, en raison du surpeuplement.
Prévu pour accueillir 10 mille personnes, il en abrite actuellement plus de 50 mille réfugiés. Le projet de transfert de ces réfugiés avait été annoncé depuis le début de cette année pour être mis en œuvre avant la fin de 2023.
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Photo d’illustration : des agents de la police du Malawi dans une opération de rafle de réfugiés originaires des Grands-Lacs d’Afrique
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