Attaque de Gatumba : le gouvernement dévoile un bilan alarmant
Ce samedi après-midi, Jérôme Niyonzima, porte-parole du gouvernement burundais, a annoncé la triste nouvelle de la perte de 20 vies à Vugizo, dans la zone de Gatumba à l’ouest du Burundi, non loin de la frontière avec la RDC, survenue ce vendredi soir. Dans un communiqué officiel, Jérôme Niyonzima évoque des personnes « sauvagement tuées dans neuf foyers ciblés ». Le groupe armé burundais basé dans le Sud-Kivu, Red Tabara, a revendiqué la responsabilité de cette attaque, niant cependant avoir visé des civils, mais affirmant avoir éliminé 9 militaires et un policier. (SOS Médias Burundi)
Selon des témoignages recueillis par SOS Médias Burundi, l’attaque a eu lieu vers 20h30, marquée par des échos de fusillades et d’explosions qui ont réveillé les habitants.
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Bujumbura-Bubanza : les armes retentissent
Des résidents sous le choc ont sollicité des renforts militaires pour sécuriser leur localité, exprimant leur consternation quant à l’intervention tardive des secours. Un habitant blessé aux deux jambes déplore : « Nous pensions qu’il s’agissait de militaires car ils portaient l’uniforme de l’armée burundaise. Nous avons réalisé qu’ils étaient des assaillants lorsqu’ils ont attaqué la position policière à la frontière. Beaucoup de gens ici ont été blessés en essayant de fuir. »

Le gouvernement burundais rapporte la mort de 12 enfants parmi les victimes, dont 5 âgés de moins de cinq ans, ainsi que trois femmes, dont deux enceintes. Les autorités mentionnent également que la zone reste instable, confirmant la revendication de l’attaque par Red Tabara.
Selon une source sécuritaire anonyme, l’attaque aurait fait 27 victimes, dont 20 civils, 4 policiers et 3 militaires chargés de la sécurité frontalière. Les armes des forces de sécurité auraient été emportées lors de l’assaut. Le bilan s’élève à 16 personnes grièvement blessées, dont 2 policiers et 3 militaires, évacués vers différentes structures sanitaires à Bujumbura, la ville commerciale.
Malgré ces événements tragiques, les autorités burundaises ne reconnaissent qu’un seul policier tué. Le président Évariste Ndayishimiye avait averti, le jour de l’attaque, les forces armées de rester vigilantes, soulignant que « l’ennemi ne dort jamais même si nous avons la sécurité. »
Red Tabara, qualifié de mouvement terroriste par les autorités burundaises, fait l’objet d’une opération militaire burundaise au Sud-Kivu depuis août 2022, dans le cadre d’un accord bilatéral avec la RDC.

Cette attaque, survenue à Gatumba, est la plus meurtrière depuis l’accession anticipée au pouvoir du président Neva en juin 2020. Les zones frontalières avec la RDC demeurent menacées par l’insécurité, comme en témoignent d’autres attaques récentes à Gihanga, Bubanza, où au moins trois personnes ont été tuées en trois mois. Red Tabara avait revendiqué une attaque début septembre dernier. En mai 2018, une autre attaque attribuée à ce groupe avait coûté la vie à 28 civils dans la localité de Ruhagarika, province de Cibitoke, faisant écho à la persistance des défis sécuritaires dans ces régions frontalières avec le Congo.
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Photo d’archives : Des hommes transportent un cercueil d’une victime des massacres de Ruhagarika attribués à Red Tabara, mai 2018
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