Cibitoke : des missions à l’étranger pour des Imbonerakure après des entraînements paramilitaires
Des Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du parti CNDD-FDD) des communes Mugina et Rugombo en province Cibitoke (Nord-ouest du Burundi) ont clôturé deux semaines de formation paramilitaire le vendredi 12 janvier.Révérien Ndikuriyo, secrétaire général du parti CNDD-FDD, leur a promis des missions à l’étranger. (SOS Médias Burundi)
La formation s’est déroulée au chef-lieu de la province Cibitoke, frontalière avec la RDC. Elle a regroupé des centaines d’Imbonerakure originaires des communes Rugombo et Mugina, selon des témoins.
« Ils ont passé deux semaines à suivre une formation sur le maniement des armes. Ils travaillaient jour et nuit », rapportent des témoins.
Lors de la clôture des entraînements, Révérien Ndikuriyo a dévoilé un plan de les envoyer dans des missions de renfort de l’armée burundaise au Burundi et à l’étranger.
« Je vous remercie d’avoir participé à l’entraînement et je vous demande d’attendre les ordres pour sauver le pays. Vous êtes avant tout engagés à défendre votre patrie. Vous allez apporter des renforts à nos militaires ici au pays comme à l’étranger », a-t-il promis devant les lauréats en les appelant à se préparer à faire face à toute éventualité pour combattre les ennemis-terroristes du Burundi.
Comme motivation, Révérien Ndikuriyo a promis des primes d’encouragement aux volontaires qui vont partir en mission et des appuis financiers à leurs familles.
« À tout moment, vous pouvez être déployés sur le champ de combat même au-delà des frontières du pays. Soyez prêts pour pallier aux effectifs moins nombreux des soldats suite à un faible engagement et à la réticence de nouvelles recrues de l’armée », a-t-il avisé, ciblant, comme ennemis, des membres et partisans de l’opposition.
Inquiétudes
Des Imbonerakure qui se sont confiés à SOS Médias Burundi manifestent de la peur à aller s’engager en première ligne sur le champ de bataille, surtout en RDC.
« Il y a des familles de certains de nos camarades déjà tués en RDC qui n’ont jamais été soutenues financièrement. Elles n’ont même pas été informées que leurs enfants sont morts. Nous sommes contraints de nous soumettre aux ordres du parti, mais c’est aller mourir pour rien. Nous sommes exploités par l’autorité », se plaignent-ils, en demandant qu’ils soient officiellement reconnus et perçoivent des salaires à l’instar des militaires de l’armée régulière burundaise.
Les autorités burundaises ont toujours nié la collaboration entre la FDNB (Force de défense nationale du Burundi) et les membres de la ligue des jeunes du parti présidentiel, une ligue considérée par l’ONU comme « une milice », ce que le secrétaire général de l’ancienne rébellion Hutu devenue parti présidentiel en 2005 grâce à l’accord d’Arusha a encore une fois contesté dans une conférence de presse récemment.
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Photo d’illustration : le secrétaire général du CNDD-FDD, Révérien Ndikuriyo et son adjoint Cyriaque Nshimirimana décorent un enfant issu d’une famille de membres du parti présidentiel lors de la journée dédiée aux Imbonerakure à Makamba (sud du Burundi) , le 26 août 2023
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