Giharo : un responsable collinaire et une représentante du CNDD-FDD refuse à un militant d’un parti d’opposition d’enterrer son nouveau-né

Giharo : un responsable collinaire et une représentante du CNDD-FDD refuse à un militant d’un parti d’opposition d’enterrer son nouveau-né

Lionel Habonimana, animateur du parti CNL (Congrès national pour la liberté) a perdu son nouveau-né et l’enterrement était prévu samedi 13 janvier 2024.À la grande surprise des habitants de la colline de Murembera en commune Giharo dans la province de Rutana (sud-est du Burundi), Espérance Ndiritiro , secrétaire du parti CNDD-FDD sur la sous colline de Kigwati et Amos Bizimana responsable collinaire ont expliqué que la condition d’enterrer ce nouveau-né sur cette colline est que son père accepte de quitter le CNL pour intégrer le CNDD-FDD.Les habitants estiment que l’intolérance politique gagne du terrain dans cette région. (SOS Médias Burundi)

La permission d’inhumer le corps du nouveau-né a été donnée dans l’après-midi de ce dimanche mais avec des conditions.

« Aucun militant du CNDD-FDD ne doit participer à l’enterrement d’un enfant d’un militant du CNL », ont ordonné Espérance Ndiritiro et Amos Bizimana qui ne voulaient pas entendre qu’un militant du CNL puisse enterrer le sien sur cette colline.

Certains militants du CNDD-FDD, voisins de la famille de Lionel Habonimana ont dû participer à l’enterrement malgré les menaces.

Selon ceux qui y ont participé , de retour, Espérance Ndiritiro, responsable du CNDD-FDD à Kigwati a tenu une réunion d’urgence à l’intention de ces militants.

« Cette réunion tenue à moins de 100 mètres du domicile de la famille du disparu avait pour objectif d’interdire tout militant du CNDD-FDD à participer dans n’importe quel événement qui implique un opposant dans l’avenir », a confié un membre du CNDD-FDD.

Les voisins de la famille éprouvée disent ne pas comprendre comment des appartenances politiques peuvent diviser des voisins jusqu’à ne pas participer dans des obsèques d’un nouveau-né.

Signalons que ce chanteur du CNL a toujours été victime de son appartenance politique.

En 2020 durant la période électorale, sa maison a été incendiée au moment où il revenait d’une activité de sa formation politique.

En 2021 , il a été encore une fois victime d’attaque physique par des Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD) dirigés par Donatien Bigirimana , responsable de la zone de Giharo. Ils ont percé ses pieds à l’aide des clous.

Malgré le procès en faveur de Lionel Habonimana, ces Imbonerakure ont refusé de payer un dédommagement d’un million cinq cent mille francs burundais. Ces derniers, au lieu de verser cette somme, ne cessent d’intimider la victime.

« Si tu n’abandonnes pas ce procès , tu auras de sérieux problèmes », ont toujours menacé, selon des témoins.

Le cas de Lionel Habonimana n’est pas isolé. Plusieurs autres militants des partis d’opposition surtout le CNL, originaires de Giharo sont en détention, d’autres ont été assassinés, selon nos reportages.

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Photo d’illustration : des militants du CNL dans un rassemblement de leur parti

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