Nyarugusu (Tanzanie) : le taux de mortalité bondit de manière inquiétante, les réfugiés redoutent le pire
Depuis janvier de cette année, le camp de Nyarugusu enregistre plus de morts par mois qu’avant. La cause principale est la suspension des transferts des urgences vers les hôpitaux de référence et le manque des médicaments du côté des Burundais. (SOS Médias Burundi)
Selon des sources médicales au camp de Nyarugusu, le nombre de cas de morts par mois se compte entre 8 et 13 depuis janvier dernier.
« Certains meurent à l’hôpital, d’autres à leur domicile. Le tout pour la simple raison qu’il n’y a plus de transferts des cas d’urgence à l’extérieur du camp », explications données par nos sources médicales, confirmées par certains leaders communautaires qui craignent « un manque d’espace au cimetière ».
La suspension de transferts s’inscrit dans le cadre d’un rapatriement « volontaire » massif lancé par la Tanzanie qui doit se clôturer en octobre prochain selon un calendrier publié par le HCR, conjointement avec les autorités tanzaniennes.
Les réfugiés burundais n’en reviennent pas
« Imaginez que le transfert le plus urgent que nous recevons ici est celui d’aller se faire soigner dans la zone des Congolais ! C’est vraiment impensable. C’est une façon de nous forcer au rapatriement, car celui qui veut rentrer pour cause de maladie est prioritaire. Donc, ils jouent sur notre vie », se lamentent-ils.
Parmi les victimes de ce taux de mortalité élevé, les plus âgés et ceux qui souffrent des maladies chroniques.
« Et d’ailleurs, même la distribution des médicaments et des kits pour les diabétiques, les hypertendus ou encore pour le VIH/Sida, elle ne se fait plus d’une façon régulière, des retards allant jusqu’à un mois peuvent être enregistrés. C’est dommage », dénoncent-ils.
Pire encore, ceux dont la mesure a été prise quand ils étaient déjà dans les hôpitaux des villes de Dar-es-Salaam, Kigoma ou Mwanza, ils se sont vus renvoyés ou retenus pour payer la facture médicale, regrettent des réfugiés burundais.
« A ce rythme, comptez le nombre de morts jusqu’en octobre ou décembre prochain ! Personne ne va survivre jusqu’à cette date fatidique si rien n’est fait pour sauver nos vies », en appellent-ils aux autorités tanzaniennes et aux agences humanitaires.
Le HCR dit suivre le programme de la commission tripartite qui s’est réunie en décembre dernier et qui a fixé la date limite de la fermeture des camps des réfugiés burundais en Tanzanie en octobre 2024.
« Les représentants du HCR en Tanzanie ont fini par soutenir cette répression suite à la peur d’être expulsés. Désormais, il est difficile maintenant de différencier le HCR du gouvernement tanzanien si l’on se base uniquement sur les propos dans des réunions », déplore Léopold Sharangabo, représentant de l’organisation CBDH/VICAR qui milite pour les droits des réfugiés.
D’après les données du HCR, la Tanzanie compte plus de 130 000 réfugiés burundais dont plus de 50 000 vivant au camp de Nyarugusu.
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Photo d’illustration : des enfants au camp de Nyarugusu en Tanzanie, une catégorie menacée par la suspension des transferts des urgences en dehors du camp
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