Bujumbura : des boissons fortes consommées par des mineurs
Des parents de la zone de Gihosha au nord de la ville commerciale Bujumbura ont lancé une alerte. Leurs enfants dont des mineurs consomment des boissons très alcoolisées. (SOS Médias Burundi)
Un parent soulève des inquiétudes par rapport à son fils mineur.
« Mon fils a quinze ans. À la maison, il est vraiment responsable et parfait, on ne peut même pas penser qu’il peut prendre ces maudites boissons. Un dimanche après-midi, je suis passé dans un coin, je m’attendais pas à voir ce que j’ai vu : mon enfant en compagnie d’autres jeunes de son âge avec des bouteilles de la bière Sapor. Je n’ai même pas eu le courage de continuer mon chemin », déplore-t-il.
Une mère regrette aussi cette situation. Ces enfants sont encore trop jeunes pour consommer ces boissons, nuisibles pour leur santé, dit-elle, désespérée.
« C’est vraiment déplorable. Un certain samedi je les ai croisés tout près de la paroisse Saint Jean Baptiste. Certains portaient des foulards du mouvement Scout…ce qui veut dire que les parents n’ont aucune information sur ce que font leurs gamins et gamines puisqu’ils pensent qu’ils sont dans des rencontres du mouvement. On peut même se demander où ces enfants trouvent de l’argent pour acheter ces boissons. Certes dans les poches des parents ou dans d’autres voies qu’on ignore », se désole-t-elle.
Après l’alerte d’une famille d’un enfant scout surpris par ses parents, certains parents ont même demandé le suivi des aînés dans ce mouvement et une réunion s’est tenue pour cette cause.
Des adultes du mouvement ont promis de suivre de près ces mineurs.
Que l’administration défende le commerce de boissons alcoolisées aux mineurs
Des parents demandent l’implication de l’administration.
« Que l’administration nous aide, les boutiques doivent cesser de servir aux mineurs ces boissons », exige une mère.

Dans une séance de questions orales de ce mardi devant les sénateurs où trois ministres étaient invités, Marie Chantal Nijimbere, ministre en charge du commerce a expliqué que la « Sapor » a été classée parmi les liqueurs commercialisées au Burundi.
Elle a précisé que les analyses de la BBN (Le Bureau burundais de normalisation et contrôle de la qualité ) ont montré que cette boisson est composée de fruits en quantité minime.
« D’après les échantillons recueillis, il a été constaté que cette boisson est dans la catégorie des liqueurs. Selon le laboratoire qui a fait les études, la composition des fruits dans la Sapor est trop minime. Vu cette composition qui est minime, on a pris la décision de classer Sapor parmi les liqueurs », a expliqué la ministre.
D’après Mme Nijimbere, cette décision va aider la population à consommer la boisson de façon modérée.
Tous les parents contactés demandent aux autorités burundaises de prendre des mesures visant à décourager la vente des boissons alcoolisées aux mineurs.
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Photo : un homme se dirige vers un bar de boissons non contrôlées fortement alcoolisées dans le nord du Burundi, août 2023
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